Algérie : plusieurs centaines de manifestants arrêtés


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Des manifestants algériens
Des manifestants algériens

La répression contre le mouvement « Hirak » par le gouvernement Abdelmadjid Tebboune s’intensifie. Plusieurs centaines de manifestants ont été arrêtés en Algérie alors que les autorités intensifient leurs efforts pour réprimer un mouvement de protestation qui dure depuis des années et qui a exigé une réforme politique en profondeur.

Les autorités algériennes ont réprimé vendredi les marches hebdomadaires du mouvement « Hirak » à Alger et dans plusieurs villes du pays, procédant à des centaines d’interpellations pour la deuxième semaine consécutive, selon des défenseurs des droits humains. Saïd Salhi, chef de la Ligue algérienne des droits de l’Homme, a déclaré qu’environ 800 personnes avaient été détenues vendredi à Alger et dans 19 autres gouvernorats du pays.

« La majorité a été libérée mais 40 personnes sont toujours en détention », a-t-il écrit sur Twitter. Une forte présence policière dans la capitale a empêché leur marche hebdomadaire, ont indiqué les médias locaux, la police bloquant les routes et les itinéraires de protestation réguliers, très tôt le matin. Les reporters et photographes indépendants sans accréditation des médias ne pouvaient  pas couvrir la marche. Par ailleurs, les pannes d’Internet ont entravé la couverture médiatique dans certaines villes.

Le mouvement « Hirak », en grande partie sans chef et politiquement non structuré, a été lancé en 2019 suite à la candidature du Président de l’époque, Abdelaziz Bouteflika, pour un cinquième mandat à la tête de l’Algérie, alors qu’il se déplaçait en fauteuil roulant. Le dirigeant malade a été contraint de démissionner des semaines plus tard, mais le « Hirak » a poursuivi ses manifestations, exigeant une refonte radicale du système au pouvoir en place depuis l’indépendance de l’Algérie vis-à-vis de la France en 1962.

Les marches ont été suspendues pendant environ un an en raison de la pandémie de Coronavirus, mais les manifestants sont revenus dans les rues depuis février et ont donné au mouvement un nouvel élan. Au moins 133 personnes sont actuellement détenues en lien avec le mouvement Hirak ou des affaires liées à la liberté d’expression, selon Algerian Detainees.

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