Algérie : le SG du FLN Ammar Saâdani sort son artillerie

A se référer à la sortie tonitruante du Secrétaire général du FLN, Ammar Saâdani, à l’hôtel Ryadh, à Alger, l’on comprendra que la campagne électorale a bel et bien commencé.

A Alger,

Cette campagne a pour lieu de commencement la maison FLN où une bataille sans relâche oppose le premier patron de cette mouvance à ses détracteurs. Ces derniers sont loin d’être de simples figurants sur la scène politique du pays et de son histoire. Leur position est auréolée de beaucoup de prestige puisque ils sont d’anciens membres de l’ALN (Armée de libération nationale et ancêtre de l’actuelle ANP) comme Fatma-Zohra Drif, le Commandant Azzedine pour ne citer que ceux là. Ils ont aussi le statut d’avoir marqué de leur empreinte l’histoire de ce pays d’Afrique du Nord qui tarde vraiment à voir le bout du tunnel. Ce qui oblige Ammar Saâdani, à qui on ne peut ne pas reconnaître son franc parler d’user d’un jargon spécial pour les discréditer. Et leur faire « payer » la constitution d’un groupe appelé groupe des « 14 », engagé dans l’optique de remettre ce parti historique sur de bons rails.

Ses boulets rouges ont pour cible également un homme qui s’est taillé une étoffe dans ce parti majoritaire. Il s’agit d’Abdelaziz Belkhadem qui ne semble pas rester en marge des manœuvres partisanes. Celui-ci a d’ailleurs toujours milité en faveur de la « restitution » du parti, actuellement aux mains des « usurpateurs ». Ses conciliabules de l’été dernier avec les autres redresseurs sont restés en travers de la gorge du virevoltant patron du FLN qui a décidé, ainsi, de sortir son artillerie pour se relancer dans la bataille. Une bataille qui commence par être révélatrice eu égard aux « vérités » déballées… en attendant certainement d’autres. C’est ainsi donc une bataille interne à l’issue de laquelle Saâdani doit sortir vainqueur et écarter de sa course les redresseurs, qui reprennent du poil de la bête et qui déblaient le chemin au retour par la grande porte de son prédécesseur et ancien chef de gouvernement.

Pour y faire convenablement face, Ammar Saâdani choisit de recourir à ce qui est des plus sensibles pour la conscience collective : le mot Harki. Voilà donc un terme qui, par sa portée touchera bien des castes et des régions. Un qualificatif injurieux auquel Belkhadem n’échappe aucunement, mas plus que certains officiers de l’armée accusés de servir les intérêts de la France. Aussi pour mieux soigner son image, l’intervenant taille les oreilles en pointe de ses cibles qu’il accuse d’être responsables de tous les maux qu’a connus le pays depuis le mois d’octobre 1988.

A l’entendre accuser vertement le général Mohamed Médiène d’être derrière tous les maux du pays et encenser le chef de l’Etat Abdelaziz Bouteflika d’avoir œuvré pour la stabilité du pays et de ses différentes institutions, Ammar Saâdani laisse deviner l’ouverture d’un nouveau chapitre pour les échéances à venir. Par « aujourd’hui, il faut dire la vérité et cette vérité, il n’y a que le FLN qui peut la dire », le patron du Front de Libération Nationale qui rouvre le chapitre des « officiers de l’armée que la France a implantés en Algérie » entend lancer la campagne avant le coup.d’envoi… Une campagne qui ne se fait pas sans jeter le discrédit sur tous ceux qui peuvent lui barrer la route dans son entreprise hégémonique