Algérie : le FLN, grand vainqueur des élections législatives

Le parti du Front de libération nationale, au pouvoir depuis l’indépendance, est sorti vainqueur des élections en Algérie. Il obtient 220 sièges au Parlement, suivi par deux autres pointures : le rassemblement national démocratique (RND) avec 68 sièges et les islamistes de l’Alliance de l’Algérie verte avec 48 sièges.

C’est officiel. Arrivé en tête avec 220 sièges sur 462, le Front de Libération Nationale (FLN) est le grand gagnant des élections législatives algériennes du 10 mai. Il dépasse de très loin ses anciens dauphins, le Rassemblement national démocratique (RND), qui n’en détient que 68, et le MSP, actuellement noyé dans ce triumvirat islamiste qu’est l’Alliance de l’Algérie verte (AAV), qui remporte 48 sièges seulement. Ces résultats ont été annoncés par Daho Ould Kablia, le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, en attendant « la confirmation légale » du Conseil constitutionnel.

Le prochain Parlement sera également composé du Front des forces socialistes (FFS), avec 21 strapontins, du Parti des travailleurs (PT), 20 sièges, et des indépendants (APN), avec 19 « spectateurs ».

Le Front national algérien (FNA), de Moussa Touati, et le parti Justice et développement (PJD), d’Abdellah Djaballah, ont remporté respectivement 9 et 7 sièges.

Le Mouvement populaire algérien, présidé par Amara Benyounes, obtient 6 sièges. El-Fadj El-Djadid, de Tahar Benbaibeche, gagne 5 sièges.

Le Front du changement, le Parti national pour la solidarité et le développement (PNSD) et le Rassemblement algérien occuperont chacun 4 sièges au Parlement.

Le Front national pour la justice sociale, Ahd 54, l’Union des Forces démocratiques et sociales (UFDS) et l’Alliance nationale démocratique (ANR) ont décroché 3 sièges chacun.

Le Front El-Moustakbal, le Mouvement national de l’Espérance (MNE), le Rassemblement national républicain (RNR), le Mouvement des citoyens libres (MCL) et le Parti Ennour algérien devront se contenter de 2 sièges chacun.

Quant au parti El-Karama, le parti du Renouveau algérien (PRA), le Mouvement El-Infitah, le Front national des indépendants pour la concorde et le Front national démocratique entrent in extremis à l’Assemblée Populaire avec 1 siège chacun.

A noter qu’au total 145 femmes feront leur entrée au Parlement.

Les islamistes en colère

L’Alliance de l’Algérie verte, qui tablait sur une « suprématie absolue » au Parlement, dénonce des cas de fraude. Des militaires « ont voté en masse pour le Front de libération nationale (FLN) ou pour le Rassemblement national démocratique (RND)», a dénoncé vendredi, lors d’un point presse à Alger, Abderrezak Mokri, membre de la coalition islamiste. « Les résultats annoncés dans certaines wilayas ne traduisent pas la réalité. Des laboratoires qui travaillent au niveau central ont manipulé les résultats dans différentes wilayas », a-t-il ajouté avant d’avertir que « ces dépassements vont porter préjudice aux réformes politiques annoncées par le chef de l’Etat ».

L’Alliance désigne Abdelaziz Bouteflika comme étant le responsable de leur « échec ». « Nous tenons le président de la République comme le premier et principal responsable de ce qui se passe », tout en ajoutant que « la tradition de la fraude se perpétue ».

Les habituelles contestations

En Kabylie, où l’on a à peine dépassé les 25% de participation dans la wilaya de Bejaia ou encore 19.84% à Tizi-Ouzou, les membres du FFS ont qualifié le scrutin de « mascarade électorale ». Dans un communiqué paru ce vendredi, le FFS a dénoncé le rôle que « l’argent sale » a joué dans ces élections. Le FFS estime que « l’intrusion, le renforcement, voire dans certains cas, la mainmise de l’argent sale sur la vie politique nationale est une des menaces qui pèsent lourdement sur l’édification de l’Etat de droit, l’instauration de la démocratie et la garantie de la souveraineté nationale ».

Avec un taux de participation de 42,90%, le taux d’abstention a été en légère régression comparé aux élections de 2007. Il avait atteint un niveau historique de 64%. Toutefois, la participation au scrutin n’a pas atteint les 45% attendus par Abdelaziz Belkhadem, le secrétaire général du Front de libération nationale (FLN). Dans une conférence de presse tenue ce vendredi à 15 heures, à l’hôtel Aurassi, Daho Ould Kablia a reconnu l’indifférence de la population à cette joute électorale et remercié « ceux et celles qui ont contribué positivement à son déroulement ».

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