Algérie : l’opposition revient à la charge

La Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD) maintient la pression sur le pouvoir algérien. Elle a appelé dimanche à une nouvelle marche « nationale et populaire », le samedi 19 février. D’ici-là, elle entend soigner sa communication avec, entre autres, la création d’un site internet.

L’interdiction et le blocage de la marche initiée samedi dernier n’ont pas découragé la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD), qui appelle toujours à l’avènement d’une société libre et démocratique. « La Coordination nationale vient de finir une réunion et a décidé d’organiser une marche samedi prochain à Alger », partant comme la précédente de la place du 1er mai, a déclaré dimanche à l’AFP un membre de la CNDD, Me Moustepha Bouchachi, président de la Ligue algérienne des droits de l’Homme (LADDH).

Pour mieux renforcer le lien avec la population, la CNDD, qui regroupe des intellectuels, des opposants au régime, des partis politiques, des associations, a choisi de développer sa communication. Ses membres ont décidé de mettre en place une commission de communication et de créer un site internet dont l’objectif est de rester «en contact permanent avec les organes de presse». Cette commission aura également pour mission d’entrer en relation avec les différentes «organisations et autres mouvements citoyens pour élargir la base de la CNCD».

Selon M. Khalil Moumène, un porte-parole du mouvement, la marche de samedi a été « positive », car en dépit de l’impressionnant déploiement des forces de police, pas moins de « 5.000 personnes » y ont participé « pacifiquement » à Alger – 2000, selon les journalistes, 250 selon les autorités. M. Moumène a « dénoncé et condamné le comportement brutal des forces de sécurité ainsi que les interpellations de leurs militants » et ajouté néanmoins qu’à sa connaissance « toutes les personnes interpellées ont été libérées ».

« Le pouvoir algérien est agonisant. Il utilise la force pour réprimer les citoyens mais cette répression est devenu un outil démodé au regard de la démocratisation des sociétés », nous a déclaré hier un participant à la marche de samedi sous couvert d’anonymat. Un autre abondant dans son sens, a affirmé que « le régime algérien utilise les voyous qu’il paie pour saborder toute initiative dans le sens du changement, mais il finira par mordre la poussière ».

La détermination des opposants au régime est intacte. Ils entendent poursuivre leur action pour renverser « le système », dans la foulée des révolutions de Tunisie et d’Egypte. L’Algérie, depuis l’indépendance en 1962, est gouvernée par un régime largement soutenu par les militaires. Son président, Abdelaziz Bouteflika, est au pouvoir depuis 12 ans.