Algérie : Cherouati, limogé de Sonatrach

Ce qui semblait être une rumeur a été confirmé jeudi. Nordine Cherouati, qui encore la veille démentait l’information, n’est plus à la tête de l’entreprise nationale Sonatrach. C’est Abdelhamid Zerguine, 61 ans, qui a repris les rênes de l’entreprise.

Nordine Cherouati, nommé en mai 2010, a cédé sa place de PDG du groupe pétrolier et gazier Sonatrach à Abdelhamid Zerguine. La raison de son limogeage, un conflit l’opposant au ministre de l’Energie, Youcef Youssefi. Cherouati aurait refusé de signer un important contrat. « Depuis son installation à la tête de Sonatrach, Nordine Cherouati a instauré une nouvelle atmosphère à l’intérieur de l’entreprise, refusant les contrats qui viennent d’en haut », a confié un haut cadre de Sonatrach au quotidien El Watan. Le clash a atteint son summum mercredi lorsque l’ex PDG de Sonatrach a catégoriquement refusé de signer un contrat. Selon cette même source, « Une altercation verbale violente s’en est suivie ». Aucune information n’a été révélée sur la nature et le contenu de ce contrat. Une décision à laquelle ne s’attendait pas, apparemment, Cherouati. Pourtant il savait pertinemment que plusieurs hauts dirigeants s’étaient plaint de son comportement auprès de Youssefi. La veille, il déclarait encore : « Il n’y a rien, ce n’est que de la rumeur, ça revient, ça dure depuis trois semaines. Il y a six mois, il y a eu la même rumeur. »

Le ministre de l’Energie n’a pas manqué d’informer le président Abdelaziz Bouteflika, à bord de l’avion présidentiel de retour du sommet de Doha des pays exportateurs de gaz, du conflit l’opposant à Cherouati. Ainsi, Bouteflika, après avoir entendu la version de son ministre, a donné le feu vert pour le limogeage. Ironie du sort, lors de la passation des pouvoirs, jeudi, M. Youssefi n’a pas manqué de remercier celui qui a déployé des efforts « inlassables » pour mener à bien ses fonctions de président général du groupe. Certes, les choses doivent se faire correctement… « Je tiens à rendre un hommage appuyé à M. Cherouati (…) Il a réussi à fédérer les énergies et à rétablir la confiance à une entreprise qui doutait d’elle-même », a-t-il ajouté.

Un remplaçant vite trouvé…

Abdelhamid Zerguine, fraîchement nommé jeudi 17 novembre à la tête de la Sonatrach, n’a pas tardé à prendre la parole en public. Dans une interview accordée à l’agence de presse APS, la première depuis sa nomination, il a affirmé que « le groupe n’a jamais été affecté (…), en témoignent les résultats obtenus même durant cette période, qui sont honorables par rapport aux objectifs fixés ». L’affaire de corruption mêlant l’ancien patron, Mohamed Meziane, a également été abordée. Celui-ci a écopé, en mai 2011, d’un an de prison ferme et de 5000 euro d’amende pour malversation financière. Mais Zerguine est confiant. Le temps des défaillances de la société serait révolu. « Le groupe connaît aujourd’hui une évolution significative en terme d’organisation (…) Nous considérons actuellement que Sonatrach a un degré de surveillance de son activité très élaboré. »

M. Zerguine, qui assurait la présidence de Samco, filiale de Sonatrach et de l’italien ENI, assure vouloir poursuivre les mêmes efforts fournis par son prédécesseur tout en respectant les consignes gouvernementales. Il s’est dit favorable à un éventuel développement des activités du groupe, jusque-là cantonnées à l’exploration.