Algérie : appel à la résistance contre le terrorisme en Kabylie

L’initiative vient de la localité balnéaire d’Azeffoun où ils étaient plusieurs milliers de citoyens à marcher, ce, samedi, pour dénoncer le terrorisme.

(De notre correspondant à Alger)

Le terrorisme semble reprendre du poil de la bête et s’inscrire dans la durée dans la région de Kabylie. En l’espace d’un mois, bon nombre d’actes terroristes y sont perpétrés, occasionnant beaucoup de pertes envies humaines. Le dernier en date remonte à la semaine dernière, la veille de l’Aïd el-Fitr, quand trois policiers ont laissé leur vie dans un attentat ayant pris pour cible leur convoi, dans la région d’Azeffoun. Là, les citoyens ne s’avouent pas vaincus. Ils ne comptent aucunement courber l’échine devant une situation qu’ils dénoncent vigoureusement. « Non au terrorisme », ont laissé entendre les marcheurs qui s’étaient montrés solidaires avec les victimes de cette attaque meurtrière. D’autres slogans hostiles au terrorisme ont fait aussi surface.

Prendre les armes contre les terroristes

« Halte au terrorisme », « La Kabylie refuse le chantage », « Non à l’impunité », « Oui à la vigilance citoyenne ». C’est ce que nous pouvions lire sur des banderoles brandies par les manifestants. Déjà au début des années 1990, les habitants du village Igoudjdal, dépendant territorialement de cette même commune d’Azeffoun, étaient les premiers à prendre les armes contre les terroristes qui écumaient les montagnes environnantes. Ils s’étaient constitués en groupe d’autodéfense et avaient réussi à faire face à des situations des plus périlleuses. Cette même action reste toujours envisageable au regard de la détermination des populations de la région à faire face à cette situation préoccupante.

Peur de voir d’autres actes se reproduire

« La mobilisation citoyenne doit être toujours de mise contre le terrorisme qui sévit dans notre région. La peur doit vraiment changer de camp. Et à force d’y croire, nos efforts finiront par payer », nous confie une jeune de la région, sous le couvert de l’anonymat. Cette ville côtière sort difficilement de la consternation et s’apprête à recevoir des milliers d’estivants qui y affluent de partout. « La vie reprend timidement son cours normal, mais la peur de voir d’autres actes se reproduire hantent toujours les esprits. Avec la mobilisation, nous pensons pouvoir éviter des préjudices à notre région qui a payé un lourd tribut du fait du terrorisme depuis les années 1990 », fait remarquer un quinquagénaire, commerçant de son état.