Afrique du Sud : scandale autour des “Spycables”

En Afrique du Sud, la fuite de documents secrets provenant de plusieurs agences de renseignements fait grand bruit. Ces documents appelés Spycables, ont été rendus publics depuis lundi et ont poussé le gouvernement à ouvrir une enquête.

Le gouvernement sud-africain se trouve en mauvaise posture depuis ce lundi avec la révélation par la chaîne qatarienne Al-Jazeera des Spycables. Ces documents provenant ou adressés aux services de renseignements sud-africains, contiennent les échanges entre Pretoria et plusieurs agences de renseignements depuis 2006. Désormais rendus publics, ces documents, selon le ministre chargé des Renseignements, « portent atteinte à la sûreté de l’Etat et à ses relations diplomatiques ». Afin d’établir les responsabilités, une enquête a été ouverte.

Multiples révélations

Les relations entre l’Afrique du Sud et l’Iran sont au cœur de l’affaire des Spycables. Ces documents révèlent que Téheran, la capitale iranienne, se serait servie de Pretoria afin de contourner son embargo. Pour cela, de multiples rencontres ont eu lieu entre l’ancien Président sud-africain Thabo Mbeki et des officiels iraniens.

Les relations entre l’Afrique du Sud et les autres pays du continent africain ne sont pas en reste dans ce scandale. Les Spycables dévoilent les menaces proférées à l’encontre de la présidente de la Commission de l’Union Africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma, datant de 2012. Afin d’assurer sa sécurité, l’Afrique du Sud aurait coopéré avec l’Ethiopie.

Le Rwanda est aussi au cœur du scandale. En 2012, ce pays a tenté d’obtenir de l’Afrique du Sud une coopération afin d’espionner des individus sur le sol sud-africain soupçonnés de négationnisme ou de vouloir semer l’instabilité indique RFI. Une demande qui a été rejetée par l’ Afrique du Sud. D’autres pays comme le Zimbabwe et le Cameroun auraient demandé à l’Afrique du Sud de garder un œil sur des individus issus de ces pays.

Le gouvernement sud-africain, mal à l’aise dans cette affaire, a tout de même reconnu l’authenticité de ces documents.