Afrique du Sud – Nigéria : de l’eau dans le gaz…

Querelle entre les Nigérians et les Sud-Africains. Abuja reproche à Pretoria de favoriser les complications que rencontrent les ressortissants nigérians. Suite au refoulement de passagers nigérians à Johannesburg, Arik Air avait suspendu ses vols vers l’Afrique du Sud.

Le dernier incident sérieux entre les deux géants africains remonte au 1er mars. Alors que près de 125 Nigérians débarquent à Johannesburg par un vol Arik Air, les voilà refoulés pour défaut de certificat de vaccination antiamarile, le vaccin qui protège contre la fièvre jaune. Tous ont été enfermés en centre de rétention avant d’être forcés à quitter le territoire.

La presse nigériane n’a bien entendu pas manqué d’informer les Nigérians de la mésaventure. L’indignation et la colère ont rapidement gagné les esprits nigérians. Même le gouvernement fédéral, après un moment de silence, a déclaré qu’il n’accepterait plus que ses nationaux soient « maltraités où que ce soit », rapporte Afriquinfos. L’occase d’ailleurs pour Abuja d’adresser à Pretoria une liste de reproches de comportements jugés antipathiques.

En guise de représailles, des Nigérians ont demandé aux autorités d’exiger des Sud-Africains en visite au Nigeria la présentation d’un certificat de vaccination antiamarile. Au même titre que l’Afrique du Sud, le Nigeria fait partie des trois poids lourds au sein de l’économie africaine. Le Nigéria peut donc se permettre, au même titre que l’Afrique du Sud d’agir comme il l’entend. De plus, l’Afrique du Sud est connue pour son taux élevé de prévalence pour la tuberculose. L’affaire a donc été prise très au sérieux par la compagnie aérienne nigériane dont ont été issus les passagers refoulés.

Arik Air s’implique

Dès le lendemain de l’affaire, après avoir annoncé qu’elle suspendait ses vols vers l’Afrique du Sud suite à cet incident, la compagnie nigériane Arik Air a déclaré le 3 mars dans un communiqué que des vols réguliers en provenance et à destination de Johannesburg seraient assurés le week-end comme mesure temporaire.

Dans un communiqué préalable, Arik Air avait indiqué : « Bon nombre des passagers (sur le vol de vendredi) ont été arrêtés et se sont vu interdire l’entrée en Afrique du Sud ces derniers mois. Les autorités sanitaires aéroportuaires ont évoqué des doutes quant à l’authenticité des carnets de santé pour les empêcher d’entrer dans le pays ». Afin d’éviter tout nouvel incident de ce type, la compagnie a précisé qu’elle procèdera dorénavant à un contrôle « rigoureux » des carnets de vaccination contre la fièvre jaune de tous les passagers.

Pour justifier sa décision de suspendre ou limiter ses vols vers l’Afrique du Sud, Arik Air a conclu qu’elle ne souhaitait pas poursuivre des vols dans un pays où ses clients « courent le risque de détention ou de toute autre mesure infligée arbitrairement par leurs autorités ».

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