Afrique du Sud : accusé d’avoir détourné des millions d’euros, Zuma refuse de les rembourser

Le président sud-africain Jacob Zuma refuse de rembourser les millions d’euros dont il est accusé d’avoir détourné. Il a tenu à le faire savoir à tous ses détracteurs, affirmant que ces fonds ont été utilisés à son insu.

Même s’il est l’objet de toutes les attentions en ce moment, Jacob Zuma campe sur ses positions. Accusé d’avoir détourné 246 millions de rands, soit 16,5 millions d’euros, pour rénover sa résidence, le président sud-africain refuse de les rembourser comme l’a exigé l’opposition. Il a en effet affirmé sur la télévision locale privée ANN7 qu’il n’avait pas demandé les travaux de plusieurs millions d’euros réalisés dans sa résidence privée de Nkandla (est) aux frais des contribuables et qu’il ne les remboursera donc pas.

Réagissant pour la première fois publiquement contre les accusations à son encontre, Jacob Zuma a rejeté la responsabilité des travaux sur le gouvernement. « Ils ont fait ça sans me le dire », a affirmé Jacob Zuma. « Alors pourquoi devrais-je payer pour quelque chose que je n’ai pas demandé », a-t-il renchéri. Le président Zuma, qui brigue un nouveau mandat, a tenu ces propos en faisant du porte-à-porte dans le township Gugulethu du Cap, dans le cadre de la campagne pour les élections générales du 7 mai. Dans un rapport rendu public le 19 mars dernier, la médiatrice chargée de la lutte anti-corruption, Thuli Madonsela, avait jugé excessif le montant de 246 millions de rands (16,5 millions d’euros) consacrés aux travaux et exigé que le chef d’Etat sud-africain en rembourse une partie, soulignant qu’un certain nombre d’aménagements n’avaient rien à voir avec sa sécurité.

Depuis le début de l’éclaboussement de ce scandale, son parti l’ANC n’a cessé de le soutenir, faisant bloc derrière lui. D’ailleurs, l’ANC avait récemment défendu le président Zuma en appelant à poursuivre les responsables du « Nkandla-gate », fonctionnaires, ministres, ex-ministres et architecte s’il y a lieu. De son côté, le principal parti d’opposition, l’Alliance démocratique (DA), a annoncé des plaintes contre « tous les fonctionnaires impliqués dans la débâcle de Nkandla : Nous devons débarrasser le pays de la pourriture. L’ANC du président Zuma est corrompue et ils doivent rendre des comptes et être chassés le 7 mai ».