Africast TV ou la vitrine du cinéma africain aux Etats-Unis

Le cinéma africain a désormais sa chaîne… aux Etats-Unis. Africast TV, c’est d’elle qu’il s’agit, sera disponible dans quelques mois sur les réseaux câblés américains. Mais pour l’instant, elle diffuse sur le Net. A travers cette grande première télévisuelle sur le Nouveau Continent, John Sarpong, président d’Africast Global Media souhaite donner corps à un souhait bien légitime : offrir à l’Afrique l’opportunité de se raconter au monde à travers son propre cinéma.

Africast TV, ‘The Global Africa Network’ sera la première télévision câblée à diffuser exclusivement des films africains aux Etats-Unis. Pour l’instant, sa présence est limitée à la toile. Films, séries et documentaires, parmi les plus célèbres et les plus populaires – sous la forme d’abonnement vidéo à la demande – n’attendent que vous pour être regardés. Pour environ 9, 90 dollars par mois, vous pourrez visionner en ligne 50 heures de programmes (environ 35 films) dont 10 heures seront réactualisées tous les trente jours. Lancée il y a quelques jours seulement, une offre promotionnelle permet de suivre gratuitement une fiction et des extraits des films que vous pourrez découvrir si vous souscrivez à la formule. L’idée de cette future chaîne panafricaine, qui fait ses premiers pas sur la toile, est celle de John Sarpong, le petit-fils du dernier monarque Ashanti (Ghana), le roi Prempeh I, naturalisé depuis Américain.

Africast TV ou l’Afrique racontée par les Africains

Cet ingénieur électrique de 42 ans formé à Yale – la raison de son départ du Ghana en 1981 – a travaillé pendant une dizaine d’années pour Boeing. En 1996, il crée sa propre entreprise, la Southline Industries, une société d’ingénierie aéronautique. Puis, avec l’aide d’associés, il donne le jour en février 2004 à Africast Global Media. Le groupe, dont il est président-directeur général, est présent dans l’audiovisuel et l’Internet. Car les médias sont la grande passion de John Sarpong. Une passion qu’il met au service de son continent d’origine. Car Africast Tv est né d’une conviction. Celle que la plupart des images de l’Afrique sont le produit d’un regard extérieur et qu’il fallait inverser la donne pour gagner le respect du monde.

« Notre propos à travers cette chaîne est de donner la possibilité aux Africains de raconter leur propre histoire. La télévision et le cinéma nous en offrent la possibilité. Les réalisateurs sont avant tout des conteurs. Et qui peut mieux raconter notre histoire à travers la planète si ce n’est des conteurs ? », explique M. Sarpong. Actuellement en pourparlers avec plusieurs opérateurs de câble, Africast devrait d’ici trois mois, selon son Pdg, être disponible sur le territoire américain. A la grande joie des Africains et des Africains-Américains dont la version en ligne d’Africast réjouit déjà beaucoup. « Les gens ont réagi de façon phénoménale, en deux jours (jeudi), nous avons reçu des centaines de demandes d’inscription. Il y aux Etats-Unis, 10 millions d’Africains et 35 millions d’Africains-Américains qui ont envie d’authenticité. A ces millions de personnes, à côte de BET qui est actuellement le seul média noir aux Etats-Unis, Africast s’emploiera à offrir des programmes authentiquement africains ».

De nouvelles perspectives pour le cinéma africain ?

Dans un avenir très proche, outre le cinéma et les shows musicaux, Africast TV devrait proposer également un bouquet de chaînes de divertissement et d’informations originaires du continent. Cela afin d’offrir « un réseau de chaînes qui offrent une fenêtre permettant à la planète d’expérimenter la diversité de l’Afrique ». Pour l’heure, la priorité va au cinéma. Un cinéma de qualité qui répond à deux critères majeurs : informer et éduquer. Son contenu provient actuellement en grande majorité des pays africains anglophones : seuls 20% des films sont francophones. Ceux qui sont diffusés doivent être sous-titrés en anglais.Ainsi les productions qui sont en ligne proviennent notamment du Nigeria, connu pour sa dynamique industrie de la vidéo, de l’Afrique du Sud, un grand du cinéma africain, du Ghana, du Cameroun, du Gabon et du Sénégal. John Sarpong insiste bien sur le fait que c’est n’est qu’un début et qu’il s’agit bien de faire écho à toute la production cinématographique du continent.

« Nous discutons avec bon nombre de réalisateurs africains. J’ai rencontré tout récemment Sembène Ousame. Nous allons diffuser beaucoup de films francophones », affirme le président d’Africast qui compte exporter son concept vers l’Europe. Autour de cette chaîne se greffe plusieurs autres structures et un évènement. A savoir, un fonds dédié au financement de films – Africast film Fund, une société, Africast games, qui va développer et commercialiser des jeux africains qui pourront se jouer en réseau. Et enfin une fondation dont le but est l’amélioration de la santé et de l’éducation en Afrique.

Elle sera également chargée de l’organisation du ‘Africast motion picture Awards’ dont la première édition devrait se tenir au milieu de l’année 2006. John Sarpong, qui s’est déjà fortement investi dans les nouvelles technologies, a décidément de grandes ambitions pour le cinéma africain. Il le faut et il en faut !