Accusée d’avoir espionné le siège de l’Union Africaine, la Chine dément

La Chine a qualifié d’absurdité les conclusions d’une enquête selon lesquelles Pékin a espionné le siège de l’Union Africaine à Addis-Abeba.

L’ambassadeur de la Chine à l’Union Africaine (UA) a qualifié d’absurdité, ce lundi 29 janvier 2018, le résultat d’une enquête menée par Le Monde, et qui accusait Pékin d’avoir espionné, au moins de 2012 à 2017, le siège de l’UA à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne.

En marge du sommet de l’organisation panafricaine qui s’est déroulée dimanche et lundi 29 janvier 2018, l’ambassadeur chinois à l’UA, Kuang Weilin, qui est convaincu que l’article en question, publié vendredi par Le Monde, va « endommager l’image du journal », mais pas la relation entre la Chine et l’Afrique, « pense qu’il s’agit d’une histoire sensationnelle, mais elle est aussi complètement fausse et absurde ». C’est ce que rapporte France 24.

Le Monde
, citant plusieurs sources internes à l’Union Africaine, avait assuré que les informaticiens de l’UA se sont rendus compte, il y a environ un an, que le contenu des serveurs de l’institution panafricaine était transféré vers d’autres serveurs à Shangai, en Chine. Les mêmes sources du journal avaient confié que ces transferts auraient eu lieu depuis 2012, date à laquelle s’est achevée la construction du bâtiment de l’Union Africaine, offert par la Chine. Le Monde est allé plus loin, indiquant que les serveurs de l’UA ont été changés en 2017, lorsque cette faille du système a été découverte, et une nouvelle architecture informatique déployée.

Etayant son argumentaire, précise France 24, Le Monde a soutenu qu’après la découverte des transferts de données vers la Chine, des experts éthiopiens en cybersécurité ont inspecté les salles du bâtiment de l’UA, et ont découvert des micros placés sous les bureaux et dans les murs.

Pour sa part, le président de la Commission de l’Union Africaine Moussa Faki a assuré à la presse n’avoir vu « aucune preuve d’espionnage dans ce bâtiment ». Le chef du gouvernement éthiopien, Hailemariam Desalegn, insistant sur l’importance de la relation « forte et stratégique » avec la Chine, a lui été catégorique : « Il n’y a rien à espionner, je n’y crois pas ».