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RDC : les victimes de Bosco Ntadanga parlent
Les victimes de Bosco Ntadanga sont prêtes à témoigner contre l’ex-chef de la rébellion M23, incarcéré à la Haye, pour toutes les exactions qu’elles ont subi lorsqu’il était à la tête de ses troupes, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

Elles sont prêtes à faire face à leur bourreau. Elles, se sont les innombrables victimes de Bosco Ntadanga. L’ex-chef de guerre du M23, qui s’est livré à la Haye le 18 mars, est accusé par la Cour pénale internationale de crime contre l’humanité, lors du conflit d’Ituri, district de la Province occidentale au nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), entre 2002-2003. Mais l’intéressé, qui a comparu ce mardi devant la CPI, a réfuté ces allégations, se déclarant non coupable, rejetant aussi le surnom de "Terminator" qu’on lui a prêté, pour son impitoyabilité.

Les victimes de l’ex-chef rebelle, elles, sont toujours là. Désormais elles n’ont plus peur et comptent bien se livrer pour que justice soit faite. Contacté par Afrik.com, la présidente de l’ONG, Synergie des Femmes pour les Victimes des Violences Sexuelles, à Goma, dans le nord-Kivu, Justine Masika Bihamba, n’en revient toujours pas que le chef de guerre soit derrière les verrous. « Nous sommes soulagés, heureuses de le voir juger, nous qui avons été agressées par lui et ses hommes durant des années ! Aujourd’hui les femmes qui ont été victimes de viols, sont toutes prêtes à témoigner ! »

La terreur

La terreur. Justine Masika Bihamba l’a vécue au quotidien. Pour mettre fin aux actions qu’elle mène dans le but de prêter main forte aux femmes qui subissent des viols massifs dans l’est de la RDC, des hommes armés de Bosco Ntadanga, qui n’ont pas pu l’atteindre directement, s’en sont pris à ses deux filles. Ces dernières ont été torturées pendant 40 minutes. « Cet évènement m’a profondé marqué. A ce moment là j’ai su que ma famille était en danger. Et qu’ils chercheraient à me faire du mal en s’attaquant à mes enfants ».

Agée aujourd’hui de 48 ans, Justine Masika Bihamba affirme que les populations souffriront tant que des groupes armés séviront dans l’impunité dans son pays. Selon elle, « ce n’est pas seulement le cas de Bosco Ntadanga dont il faut s’occuper. Il faut aussi arrêter tous les autres, qui violent systématiquement, les femmes, qui pillent, qui enrôlent de force des enfants. »

« Maintenant, il ne peut plus revenir là où j’habite ni essayer de m’enlever de l’école et de m’envoyer à la guerre. » Ce témoignage est celui d’un enfant de 16 ans, qui s’est confié à Human Right Watch, affirmant qu’il avait été enlevé sur le chemin de l’école par des fidèles de Bosco Ntadanga. Selon ce dernier, le chef de guerre avait délibérément autorisé la distribution des armes et l’avait envoyé sur les lignes de front lors des récents combats entre les factions rivales du M23. Dix de ses camarades recrutés ont été tués dans les affrontements.

Pour Human Right Watch, la CPI ne doit pas simplement s’arrêter au dossier de Bosco Ntadanga, « elle doit aussi poursuivre les pays comme le Rwanda et l’Ouganda qui financent ces groupes armés ».


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