Présidentielle au Mali : imbroglio entre le MNLA et Bamako


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Les 1er et 2ème tours de l’élection présidentielle sont prévus pour les 7 et 21 juillet prochains. Or, le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) est présent sur une partie du nord-Mali et refuse de désarmer. Les Touaregs ne rendront pas les armes tant que le gouvernement de Bamako n’ouvrira pas les négociations. D’où l’imbroglio.

Pas d’élection présidentielle tant que le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) ne désarmera pas. Le calendrier du scrutin, fixé par le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, indique que le premier tour aura lieu le 7 juillet et le second tour, le 21 juillet.

Comment organiser le scrutin alors que le MNLA est présent sur une partie du Nord-Mali et n’a toujours pas désarmé ? « La rébellion, de son côté, ne veut pas d’élection tant que des négociations n’auront pas été ouvertes avec Bamako. Et de part et d’autres, des bruits de bottes se font entendre », rapporte RFI. Et d’ajouter : « Si les deux protagonistes affichent des positions intransigeantes et apparemment inconciliables, la communauté internationale les met en garde contre un possible retour à l’affrontement ».

La France est favorable à une solution politique, c’est-à-dire à une négociation entre le MNLA et les autorités maliennes. Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, plaide pour un dialogue « le plus vite possible », afin de respecter l’agenda de l’organisation de l’élection présidentielle.

Un calendrier « pas crédible » et « prématuré »

Même au sein de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), les doutes se font ressentir sur l’organisation de l’élection présidentielle en juillet. « La Commission électorale nationale indépendante (Céni) a estimé que la date du 7 juillet pour le premier tour de l’élection du président de la République était une date difficile à tenir, parce que nous estimons que certains préalables ne sont pas encore satisfaits », confie à RFI, Mamadou Diamoutani, président de la Céni.

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a fixé, vendredi 5 avril à Bamako, la feuille de route de l’élection présidentielle prévue pour les 7 et 21 juillet. Le calendrier de l’organisation de l’élection présidentielle au Mali, proposé par la France, n’est « pas crédible » et est « prématuré ». C’est en tout cas l’analyse de Philippe Hugon, chercheur à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iirs), contacté par Afrik.com.

Pourquoi ce calendrier n’est pas crédible ? « Je crois que ce n’est pas crédible, même si c’est important d’annoncer un échéancier assez proche. Ce n’est pas crédible car il y a encore des zones incontrôlées, les listes électorales ne sont pas encore définies et le climat est défavorable », selon le chercheur. « C’est un effet d’annonce pour faire avancer le processus électoral. Si on ne dit rien, rien ne va avancer. Si on est optimiste, l’élection présidentielle n’aura pas lieu avant octobre ».

A la suite des pressions de la France et de la communauté africaine, Bamako pourrait se contenter du cantonnement du MNLA au lieu de son désarmement. Le groupe de Touaregs n’exclut pas une reprise du conflit en cas de non compromis.

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