20 décembre 2014 / Mis à jour à 19:46 - Paris  Newsletter  Alertes e-mail  English edition  Flux
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Egypte : Mohamed Morsi ne plie pas
Protection policière aux abords du palais présidentiel de Mohamed Morsi

Le président égyptien, Mohamed Morsi, est de retour au palais présidentiel après une soirée plus qu’agitée. Mardi soir, il a été évacué en urgence après que des dizaines de milliers de manifestants aient encerclé sa résidence, en signe de contestation face au décret qui a considérablement renforcé ses pouvoirs.

Tantôt adulé. Tantôt acculé. Mohamed Morsi ne fait plus l’unanimité en Egypte. Ce qui ne l’a pas empêché de reprendre, ce mercredi, ses marques au palais d’El-Oruba ainsi que ses activités présidentielles. De « nouveau Pharaon » - surnom attribué par l’opposition à Mohamed Morsi - le président égyptien est passé le temps d’une nuit à « Pharaon de l’Exode ». Et ce ne sont ni les enfants d’Israël, ni même le peuple égyptien qui ont dû prendre la fuite, mais Mohamed Morsi en personne. Des milliers, des dizaines de milliers d’Egyptiens ont afflué dans la soirée de mardi vers sa résidence présidentielle. Une foule en délire scandait alors le désormais très célèbre slogan « Dégage ! ». Le même qui a propulsé l’ancien président tunisien, Zine el Abidine Ben Ali, vers l’Arabie Saoudite, le 14 janvier 2011. Le même qui a contraint 13 mois plus tard l’ancien raïs égyptien, Hosni Moubarak, à la démission.

L’intense animosité de mardi soir s’est quelque peu dissipée aujourd’hui, mais les tensions restent palpables. De nombreux opposants ont élu domicile devant l’une des grilles du palais d’El-Oruba, selon un journaliste de Reuters. Une grande partie du corps judiciaire, la presse indépendante, l’opposition et les citoyens anti-Morsi exigent l’abrogation du décret présidentiel qui a renforcé d’un cran les pouvoirs du nouveau « Pharaon ». Ces réformes sont, d’après le président égyptien, « temporaires » afin d’accélérer les réformes démocratiques. L’opposition, elle, voit en cette attitude un retour progressif d’une dictature, façon islamiste, concoctée par la mouvance des Frères musulmans, rebaptisée Parti Liberté et Justice, dont il fait partie. Le projet de Constitution, devant être soumis à référendum le 15 décembre, est également contesté.

Pour l’heure, Mohamed Morsi, qui a daigné passer en decrescendo le renforcement de ses pouvoirs, pas assez cela dit aux yeux des frondeurs, a bel et bien l’intention de soumettre le référendum aux Egyptiens samedi prochain. Les urnes nous diront alors qui de Mohamed Morsi ou de ses adversaires aura gagné la deuxième bataille. La première ayant été remportée haut la main ce mardi soir par la rue qui ne cesse de s’enflammer depuis deux semaines et qui n’a pas l’intention de lâcher prise.


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