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Cinéma - Lincoln : le pragmatisme d’un homme au service de l’abolition de l’esclavage
Le film Lincoln est sorti ce mercredi 30 janvier au cinéma. Afrik.com a vu ce biopic dramatique basé sur l’histoire vraie du combat du 16e président des Etats-Unis pour abolir l’esclavage.

Lincoln, un film Bluffant et émouvant. Il lui aura fallu tout un mandat, une guerre, une lutte politique, des sacrifices pour faire adopter le 13e amendement. Mais surtout du pragmatisme, énormément de pragmatisme pour arriver à ses fins. Un film, réaliste, délicieusement raconté par un grand Steven Spielberg qui a su nous faire revivre un 19e siècle historique pour l’Amérique. Hormis la réalisation bluffante, Daniel Day-Lewis crève l’écran. Le film Lincoln est un chef-d’œuvre. Nous en sommes convaincus. Les biopics soient ils sont réussis soient c’est un loupé total. "Lincoln" est époustouflant. Il mérite ses 12 nominations aux Oscars, ce drame est réussi sur tous les plans.

D’ordinaire passer 2h29 minutes enfermé dans une salle obscure, ça devient rapidement ennuyeux. Qui plus est pour un film historique. Mais ce film met en scène le combat d’un homme, quel homme cet Abraham Lincoln, incarné à merveille par Daniel Day-Lewis, qui sacrifie sa vie conjugale et familiale pour se battre corps et âme, envers et contre tous, même contre son propre camp républicain, pour abolir l’esclavage dans une Amérique qui traverse une guerre de Sécession meurtrière et pas du tout prête de mettre fin à la traite négrière de peur de partager le pouvoir et les richesses des Etats-Unis avec les Noirs.

Comme Barack Obama a corrompu des républicains et des indépendants pour faire adopter sa réforme de la Santé, Abraham Lincoln a dû bien avant lui corrompre 20 députés démocrates et quelques radicaux pour faire voter le 13e amendement sur l’abolition de l’esclavage. Et oui, comme le rappelle si justement le film "Lincoln" réalisé avec finesse par Steven Spielberg, tout est question de lobbying ou plutôt de pragmatisme dans la politique américaine. Dans son combat titanesque pour l’abolition de la traite négrière ; afin d’unir son pays et restaurer la paix ; le président Lincoln - incarné par le génie Daniel Day-Lewis- a du faire d’énormes efforts : renoncer à sa vie familiale et conjugale, faire la guerre, corrompre l’opposition, et surtout faire preuve de l’art de la persuasion.

Le film met ainsi l’accent sur l’art du lobbying du 16e président des Etats-Unis qui parvient à persuader ses plus proches conseillers -au départ sceptiques- et corrompre 20 démocrates -en leur promettant des strapontins- de l’importance du 13e amendement qui selon lui mettra fin à la guerre et permettra d’unir l’Amérique et de la reconstruire. Ce biopic dramatique aux références historiques solides nous fait revivre une Amérique du 19e siècle sombre, divisée en deux : les Etats du Nord -abolitionnistes- d’un côté, et de l’autre, les Etats du Sud -esclavagistes.

Steven Spieberg a braqué sa caméra sur Daniel Day-Lewis pour retracer la solitude d’un Lincoln qui porte un lourd fardeau, celui de la justice et de la liberté. Le président des Etats-Unis ira jusqu’à consulter les plus réticents à son projet de loi et même à en marchander d’autres sur le terrain, pour faire honneur aux pères fondateurs de l’Amérique qui lui ont légué un pays du peuple, fait par le peuple, pour le peuple.

« L’esclavage m’a troublé »

Loin du drame, ce film est aussi un très bon film politique. Qui vient rappeler que la politique américaine c’est donc beaucoup de pragmatisme. Lincoln est peut-être le pionnier du storytelling. Tout au long du film, le président des Etats-Unis a raconté des histoires -au sens propre comme au figuré- pour conquérir des âmes pour œuvrer en faveur de son texte.

Trois scènes marquantes valent le détour. La première, est remplie d’émotions. Abraham Lincoln s’assit et raconte son histoire personnelle aux jeunes républicains : « L’esclavage m’a troublé depuis que je suis jeune ».

La seconde, celle où Lincoln entouré de ses conseillers les plus proches tape du poing sur la table -c’est la seule fois que ce grand homme serein et détendu sortira de ses gongs- en levant la voix contre sa garde rapprochée : il ne reste que deux voix pour le vote du 13e amendement. Ce n’est pas le moment pour reculer, vous allez me chercher ces voix. Abolir l’esclavage aujourd’hui, c’est sauver des millions de Noirs qui naitront demain.

Le troisième scène, qui montre le pragmatisme d’un président obstiné et perspicace, c’est l’une des dernières scènes du film. Lorsque Lincoln utilise des termes juridiques pour démentir -un fait pourtant vrai- l’information selon laquelle les Etats esclavagistes proposaient de mettre fin à la guerre de Sécession si seulement si la chambre des représentants renonçait au vote du 13e amendement.

Le combat acharné du 16e président des Etats-Unis finira par payer. Quand le 13e amendement est adopté, le texte abolissant l’esclavage. Steven Spielberg a tenu jusqu’au bout du film à souligner le pragmatisme d’un Lincoln qui donne l’ordre de ne pas châtier les esclavagistes du Sud.

De la réalisation, à la mise en scène jusqu’au jeu d’acteurs ce biopic dramatique vous tiendra en haleine de bout en bout. A la fin, vous aurez droit à beaucoup d’émotions. Nous vous conseillons vivement d’aller voir ce chef-d’œuvre qui retrace les péripéties d’une bataille couronnée de succès grâce à l’acharnement du président républicain le plus progressiste de toute l’histoire des Etats-Unis.

Certains historiens reprochent au film certaines largesses historiques. La polémique commence peu à peu faire débat sur Internet. Cette petite controverse n’a pas influencé la presse spécialisée qui est emballée par le film.

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