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Centrafrique - Politique - Crime et banditisme - Autre Afrik
Boziziecratie : ans pires centrafricains
2003 - 2012 : les pires années de notre existence. Neuf ans d’avancée inexorable vers la restauration de l’an pire centrafricain ; Ô pardon ! Je voulais écrire Empire centrafricain. Tel un brillant statisticien Bozizé teste avec succès, les unes après les autres, les hypothèses de l’inféodation de la République centrafricaine au clan Bozizé. Le jour où la RCA sera proclamée l’empire de Benzambé est plus proche que nous ne le suspectons.

L’absolutisme présidentiel

Force est d’admettre que le régime de Bangui n’est ni républicain ni démocratique. La mise sur pieds de quelques institutions républicaines n’est qu’un trompe-l’œil. Il s’agit surtout de satisfaire les desideratas de la banque mondial et son FMI (qui d’ailleurs ont obtenu de Bangui la construction d’un palace pour leurs excursions et safaris dans ce coin du monde). Le quotidien du Centrafricain est dominé par un Bozizé Yangouvounda François (BYFteck) qui croit qu’il incarne l’État. A ce titre, il réunit entre ses mains tous les instruments de la puissance et ne partage son pouvoir un peu comme Louis XIV régnait sur la France au XVIIème siècle. Il y a lieu de croire que pendant que Bokassa étudiait la biographie de Napoléon Bonaparte, Bozizé, lui, dévorait celle de Louis XIV alias Roi Soleil.

Les quelques institutions républicaines mises en place de façon sélective et unilatérale sont dirigées de mains de dictateur par le seul Bozizé (ou BYFteck) qui arrête tout, qui décrète tout, qui ordonne tout, et qui légifère tout au grand dam de ceux qui croient à la séparation des pouvoirs dans une République. Pourquoi avons-nous des députés, présidents des cours et tribunaux, maires, ministres, directeurs généraux, directeurs de service, etc. ?

Bozizé est le premier bohème de la Constitution centrafricaine qu’il a pourtant juré de respecter scrupuleusement et de faire respecter. A se demander si BYFteck a compris un seul mot de sa lecture publique le 15 mars 2011. Il est permis d’en douter sans grand risque de se tromper ! On compte une ribambelle de violations de la constitution par Bozizé au quotidien. Bozizé est, au mépris de la Constitution centrafricaine, président du jury du baccalauréat de l’enseignement du second degré 2012 (http://centrafrique-presse.over-blo...), trésorier-payeur général, président des conseils d’administration, député du quatrième arrondissement, ministre de la Défense nationale, des Anciens Combattants, des Victimes de guerre et de la Restructuration de l’Armée, président de la République et j’en oublie sûrement.

Accointances questionnables

Tel maître Corbeau, BYFteck se délecte de flagorneries. Dans un de ses CV, œuvre d’un talentueux flagorneur, il est écrit que Bozizé est pilote de formation militaire et titulaire du baccalauréat de l’enseignement du second degré, série D (Lycée B. Boganda de Bangui). Inutile de préciser que j’ai répertorié tous les bacheliers de série D de Centrafrique de 1965 à 1975. Il y en avait pas des centaines par session ni par année ! BYFteck qui est le trésorier-payeur de Centrafrique doit savoir que les conseilleurs ne sont pas les payeurs ! Ces apprentis constitutionnalistes qui le saoulent de ce qu’il veut entendre le poussent tout simplement au suicide politique. Mais BYFteck on le sait aime s’entourer des gens de moralité douteuse et aux connaissances approximatives de quoi que ce soit dont ils se targuent d’être des experts. Fabien Singaye (génocidaire rwandais expulsé de Suisse), Saifee Durbar (malfrat indo-pakistanais détenu à la prison de la Santé dans le 14ième à Paris), Armand Ianarelli (mercenaire ayant bourlingué de l’Algérie à l’Angola en passant par le Biafra), et j’en passe. Pourquoi le Trésor public centrafricain doit-il jeter notre argent en payant coûteusement ces sans référence honorable ? Le patriotisme ne serait-il pas un attribut de tout président de République ? Tenez, en quoi un Henri Pascal Bolanga (le sorcier camerounais de Bozizé) serait-il meilleur qu’un journaliste centrafricain de la promotion de Guy Tampon par exemple ? Dans un mémo d’à peine une page adressé par Henri Bolanga à son mentor BYFteck on ne compte pas moins de dix fautes de Français, grammaire, etc. (http://www.centrafrique-presse.info...).

Tout pour le Roi, rien pour le peuple !

On sort 400 millions de franc CFA du Trésor public et on nous parle de fonds personnels. Est-ce dire que le Trésor public centrafricain est une banque à charte pour les Bozizé ? Il n’y a pas 10 millions de franc CFA pour ne serait-ce réparer les deux petits ponts effondrés sur l’Avenue de France en 2010 (SICA II) et en 2011 (SICA III) mais on a trouvé 12 millions de franc CFA le 03 août 2012 pour restaurer le buste de BYFteck arraché du jardin du cinquantenaire le 02 août par des jeunes en colère. On a miraculeusement trouvé 380 millions à la veille de la visite de BYFteck à Bouar pour réhabiliter le central thermique de cette ville en panne depuis 7 ans. BYFteck décide, sans en informer l’Assemblée nationale, de fêter le 13 août (commémoration de la proclamation de l’indépendance) 2012 en France. En avril dernier, un coup d’État presqu’à maturité fut déjoué. Bozizé se confondant à l’État, tire les oreilles à son auteur, Sylvain Ndoutingaye (un fils illégitime né d’une relation incestueuse avec une cousine) et ordonne au Trésor public de verser 30 millions de franc CFA (probablement sur fonds personnels !) au même Ndoutingaye pour bourlinguer en Afrique de l’ouest.

Des jeunes recrues meurent comme des mouches à Bouar. Les parents encore moins le peuple n’ont droit à aucune explication. Je reviens de Bossangoa où les gens en ont encore gros sur le cœur pour leurs maisons saccagées à la recherche d’armes que le feu président Ange Félix Patassé aurait fait cacher dans les plafonds. La jeunesse est encore choquée par la décision de Bozizé de faire exhumer et transférer les restes mortels d’une fille dans la vingtaine enterrée sous le drapeau flottant devant la gendarmerie de Bossangoa. En 1999/2000 un militaire des FACA en service à Bossangoa tua à bout portant une jeune fille dans la vingtaine. Les jeunes de Bossangoa décidèrent comme un seul homme que leur défunte sœur soit inhumée comme martyr dans la concession de la gendarmerie. Bozizé assista à l’inhumation en qualité de Chef d’État major.

Même avec une nouvelle usine d’égrenage quatre en une inaugurée vraisemblablement sans perfidie, ce n’est pas demain la veille que les rues de Bossangoa scanderont « Modification constitutionnelle ! Modification constitutionnelle ». BYFteck, on le sait, est préjudiciablement obstiné et rébarbatif à respecter la Constitution. J’ai proposé le profil et le processus de sélection du Premier ministre de la transition (http://www.afrik.com/article26042.html) afin de sortir gagnant/gagnant de cette crise qui perdure. Le conclave KNK du 09 juin à Bossangoa a débattu du mérite de ma proposition. A quand l’aboutissement de la réflexion ou de l’analyse ?

Voici un autre conseil gratuit. Au lieu de se suicider politiquement sur la voie de la modification constitutionnelle que ces apprentis constitutionnalistes investissent argent et temps dans les biographies d’Eltsine et de Poutine !


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