2 septembre 2014 / Mis à jour à 20:41 - Paris  Newsletter  Alertes e-mail  English edition  Flux
Pan Afrique - Suisse - Solidarité
Le Fonds de solidarité numérique inauguré à Genève
L’idée d’Abdoulaye Wade enfin concrétisée. Le Fonds de solidarité numérique (FSN), initiative lancée par le Président sénégalais Abdoulaye Wade, a été inauguré ce lundi à Genève. Le mécanisme est simple : les autorités qui le souhaitent versent 1% du montant de leurs marchés relatifs aux technologies de l’information et de la communication pour lutter contre la fracture numérique dans les pays du Sud. Le FSN ne sera toutefois opérationnel qu’en 2006.

Par Smahane Bouyahia

Naissance du Fonds de solidarité numérique (FSN). Le FSN, dont l’objectif est de réduire les inégalités Nord-Sud dans l’accès aux technologies de l’information et de la communication, a été officiellement lancé lundi à Genève (Suisse), en présence notamment du ministre français des Affaires Etrangères, Michel Barnier, et du Président sénégalais, Abdoulaye Wade, père de l’initiative. Le FSN, alimenté par des contributions volontaires, fonctionnera conjointement avec l’Agence internationale pour la solidarité numérique qui verra le jour en 2006.

Label « Solidarité numérique »

Le FSN est basé sur le « Principe de Genève ». Il consiste en une contribution de 1% sur les marchés publics relatifs aux technologies de l’information, payée par le vendeur sur sa marge. Clairement spécifiée dans l’appel d’offres, ne pouvant faire l’objet d’une interprétation ou d’une négociation, cette contribution au Fonds, assurée par l’entreprise qui a obtenu le marché, n’entraîne aucune distorsion de concurrence. Et donne droit au label « Solidarité numérique ». Il s’agit là de transformer la fracture numérique en opportunités pour promouvoir « la paix, le développement durable, la démocratie, la transparence et la bonne gouvernance », comme le stipulent les objectifs fondamentaux du Fonds. Dans son action, le FSN s’appuie sur la coopération traditionnelle Nord-Sud en la complétant par une coopération accrue entre le Sud émergent et le Sud moins avancé, souvent mieux adaptée aux réalités locales.

Le FSN ne constitue pas seulement un fonds de plus pour dispenser des ressources dans le tiers-monde. C’est la première démarche appelant tous les partenaires du développement à œuvrer en commun pour résoudre le principal défi du développement : l’accès de tous nos concitoyens à la société des savoirs. Le but du FSN est de compléter les mécanismes de financement déjà existant en apportant une réponse spécifique aux besoins urgents des collectivités locales dans les pays en développement pour réduire leur « retard numérique ».

C’est à Lyon, en décembre dernier, lors du "Sommet mondial des villes et des pouvoirs locaux", que le Président du Sénégal Abdoulaye Wade avait plaidé pour la création d’un tel fonds, permettant aux pays les plus pauvres d’avoir accès aux nouvelles technologies. Le maire socialiste de Lyon, Gérard Collomb, avait alors expliqué qu’"Internet, à l’instar de l’eau, de la santé, de l’éducation, doit être considéré et reconnu comme un service essentiel". 60% des collectes seront attribués aux projets provenant des pays moins avancés, 30% aux projets provenant des pays en développement, 10% à ceux des pays en transitions et développés.

Une Agence onusienne pour la solidarité numérique installée à Lyon en 2006

Une Agence internationale pour la solidarité numérique, chargée de sélectionner les projets en lien avec le FSN, sera installée à Lyon en 2006, a-t-on appris, lundi, auprès de Gérard Collomb, maire de Lyon. « L’agence, qui réunira des experts, sera chargée de repérer les projets, susceptibles d’être soutenus par le FSN, et de leur suivi », a indiqué à l’AFP, le sénateur-maire socialiste de Lyon, Gérard Collomb. Cette agence sera chargée de fédérer un pôle d’expertise mondial sur la société de l’information, pour fournir au FSN un appui intellectuel et méthodologique dans l’instruction des dossiers. Pour ce faire, une mission pour la solidarité numérique internationale a été constituée afin de monter ce projet d’agence, en coopération avec l’United Nations Institute for Training and Research - UNITAR et différents partenaires publics et privés. 300 000 euros seront reversés par le Grand Lyon, donc la France, pour inaugurer le fonds. Une action concrète qui, espérons le, saura montrer l’exemple.


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