1er novembre 2014 / Mis à jour à 23:18 - Paris  Newsletter  Alertes e-mail  English edition  Flux
Cameroun - Musique
La musique camerounaise s’offre un coup de pinceau
Viviane-Etienne revisite l’assiko et le makossa avec "Tendresse". La valeur montante de la musique camerounaise à un nom : Viviane-Etienne. La jeune chanteuse a inauguré le début d’une carrière internationale avec Tendresse, un album qui aura nécessité près de huit ans de travail. Elle apporte à l’assiko et au makossa sa propre touche pour revisiter des genres, sans les trahir. Interview.

Le nouvel album de Viviane-Etienne marque le début d’une grande aventure. Après un premier opus uniquement sorti au Cameroun (Sensuel), l’artiste a décidé de se jeter dans le grand bain en embrassant une carrière internationale avec Tendresse, dans les bacs depuis juin dernier en France. Elle nous explique pourquoi elle a attendu près de huit ans pour sortir son nouveau disque. Elle revient également sur ses débuts dans la musique et nous fait partager ses valeurs artistiques.

Afrik : Vous chantez en douala, en bassa et en français. Quels sont les thèmes que vous abordez exactement dans Tendresse ?
Vivianne Etienne :
La femme abandonnée, les enfants des rues et la paix. En Afrique aujourd’hui, les femmes se battent au quotidien. Elles doivent assumer une activité professionnelle et une fois rentrées chez elles, elles doivent s’occuper de leur ménage et de leur foyer. Elles ont besoin d’amour et c’est ce que je me propose de leur apporter. J’explore le thème des enfants abandonnés parce que nous sommes des mères. Ces enfants n’ont pas demandé à venir au monde et il est de notre devoir de nous en occuper dès lors qu’on décide de concevoir. C’est ce qui m’a poussé à m’impliquer dans de nombreuses oeuvres caritatives sur le continent. La paix parce que le monde, et surtout l’Afrique, a besoin de paix, d’amour et de tendresse.

Afrik : Vous avez quelque peu revisité l’assiko et le makossa dans votre album. Etait-ce une volonté de moderniser ces courants musicaux camerounais ?
Vivianne Etienne :
Je garde l’identité de la musique camerounaise. Mais les auditeurs potentiels attendent de moi que je leur apporte une musique un peu différente de ce qu’ils connaissent déjà. Mais qui ne tranche pas avec l’univers musical qu’ils connaissent et avec lequel ils ont grandi. Je devais donc apporter quelque chose, alors j’ai exploré ce rythme. Je prends l’exemple de l’assiko. Dans celui que je fais, vous retrouvez la caisse claire, les basses, le saxophone, qui sont des apports nouveaux pour faire un son plus rond, plus accessible. Le titre « Tendresse » est quant à lui un makossa, mais à ma manière, c’est-à-dire un peu plus relevé.

Afrik : Comment est née cette passion du chant ?
Vivianne Etienne :
Je fais partie d’une famille chrétienne. Donc, très jeune, je faisais partie de chorales d’église. Car chanter, c’est prier deux fois. Mais la passion a véritablement commencé à naître au collège, parce qu’on n’était plus cantonnés à la seule musique chrétienne. Je l’ai mûrie dans la formation Zangalewa de la Garde républicaine camerounaise (elle était la seule civile à officier au sein du groupe, ndlr). C’est là que j’ai appris à faire la part des choses entre le chant, la musique et l’univers de la musique. Mais avant de m’adonner à cette passion, il fallait d’abord que je finisse mes études et que je trouve une certaine stabilité sociale. Car le sport ou la chanson étaient, à l’époque, des métiers pour les enfants perdus.

Afrik : Quelle importance accordez-vous à la scène ?
Vivianne Etienne :
La scène c’est l’essence du spectacle. Surtout en Afrique. Il faut essayer de tout faire à la perfection. Etre juste au niveau du chant, faire en sorte que les instruments soient en accord avec la voix, et puis être solide soi-même au niveau de la danse et avoir de bons danseurs. Mais il faut savoir s’entourer.

Afrik : Vous menez une vie professionnelle et une vie de famille. Comment faites-vous pour concilier tout cela avec une carrière artistique ?
Vivianne Etienne :
Tout est une question de planning. J’arrive toujours à trouver du temps pour ma musique. Quand on aime quelque chose on trouve toujours du temps pour s’y consacrer. Je suis prête, le cas échéant, à renoncer à mes actuels engagements professionnels. La vie n’est faite que de choix. J’irai là où ça ira mieux. Ça n’a pas été une décision facile de me lancer, avec tout ce que cela implique, dans une carrière musicale, mais je suis prête à assurer mes choix jusqu’au bout.

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