2 septembre 2014 / Mis à jour à 01:13 - Paris  Newsletter  Alertes e-mail  English edition  Flux
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Burkina Faso - Mali - Mauritanie - Niger - Tchad - Famine
Sahel 2012 : l’année de tous les dangers ?

Si rien n’est fait dans les prochains mois, la crise alimentaire risque de toucher sévèrement les pays du Sahel. Plus de 10 millions de personnes seraient affectées par la crise. Notamment au Niger, au Mali, en Mauritanie, au Burkina Faso et au Tchad où tous les indicateurs des systèmes d’alerte précoce sont au rouge : baisse des pâturages et faibles prévisions des récoles, prix des céréales plus élevés de 60% à 80% par rapport à ceux de ces cinq dernières années, des milliers de familles épuisant leurs stocks de nourriture avant mars. Dans ces conditions, plus d’un million d’enfants seraient atteints de malnutrition aiguë sévère, la forme la plus grave, qui engage le pronostic vital des enfants qui en sont atteints.

Une course contre la montre est engagée : ACF a déjà lancé un programme visant à atténuer les effets de la crise grâce à des fonds ECHO - le service d’aide humanitaire et de la protection civile de la Commission Européenne - et grâce à ses fonds propres. Mais ACF appelle l’ensemble de communauté internationale à agir avant qu’il ne soit trop tard et à se mobiliser sans faille sur chacun des pays.

C’est à nouveau une crise qui s’annonce. Les systèmes d’alerte précoce qui suivent entre autres les enregistrements pluviométriques, l’état des récoltes, la biomasse disponible pour les pâturages et les prix des aliments sur les marchés locaux sonnent l’alarme : cette année, la période de soudure (période située entre deux récoltes), survenant habituellement dans la région entre juillet et octobre, se produira en mars. Ce qui veut dire que plus de 2 millions de familles auront épuisé leurs réserves de nourriture et leurs solutions de subsistance avant la prochaine récolte en octobre. « Bien que les récoltes de 2011 n’aient pas été catastrophiques, il n’y a pas eu deux années consécutives de très bonnes récoltes permettant aux ménages de récupérer depuis la sécheresse de 2005, explique depuis Dakar Patricia Hoorelbeke, représentante d’ACF en Afrique occidentale. Beaucoup de familles vulnérables sont très affaiblies et ne pourront pas faire face au moindre choc »

Les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes sont les plus vulnérables

Beaucoup de personnes ont déjà diminué leur nombre de repas quotidien et cette crise affectera particulièrement les enfants de moins de 5 ans, les femmes enceintes et les femmes allaitantes. Leur situation nutritionnelle, déjà très dégradée dans cette région, risque d’empirer dans les prochains mois si rien n’est mis en œuvre. Les taux de malnutrition ont dépassé les seuils d’urgence dans certaines zones du Tchad et de la Mauritanie et vont se détériorer. Plus d’un million d’enfants de moins de 5 ans sont à risque de malnutrition aiguë sévère et 1,6 millions exposés à la malnutrition aiguë globale.

Les récoltes, les marchés, les revenus et une agriculture familiale de subsistance sont à la source du problème

Pourquoi ? « Ce n’est pas seulement le manque de pluies, de cultures et de pâturages. L’impossibilité pour les agriculteurs de stocker leurs produits les oblige à les vendre après la récolte à des prix dérisoires, et à devoir ensuite acheter de la nourriture durant les mois suivant à des prix quatre fois plus élevés, explique Vincent Taillandier responsable géographique Afrique pour ACF France. De plus, cette année, 200 000 émigrants de Libye et de Côte d’ivoire ont cessé d’envoyer des fonds et ont dû retourner dans leurs familles ».

Agir maintenant permettra de sauver des victimes... et d’économiser de l’argent

Les différences avec la situation dans la Corne de l’Afrique sont importantes : il ne s’agit pas d’une famine et les poches de malnutrition sont plus dispersées mais l’accès sur le terrain est globalement meilleur, de par le fait que les autorités nationales facilitent les opérations après avoir appelé à l’aide internationale dans la région du Sahel.

Il n’y a pas de temps à perdre et nous ne devons pas répéter les erreurs faites dans la Corne de l’Afrique.

ACF a renforcé toutes ses équipes au sein de la région, alertant les institutions nationales et les donateurs, et a déjà lancé un programme de prévention dans cinq pays.


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