26 novembre 2014 / Mis à jour à 21:32 - Paris  Newsletter  Alertes e-mail  English edition  Flux
Djibouti - Famine - Politique - Sécheresse - Autre Afrik
Djibouti : la sécheresse va-t-elle annihiler l’histoire économique réussie du pays ?

Le ministre de la culture et de la communication et porte-parole du gouvernement Abdi Houssein Ahmed a rencontré des journalistes en Suisse. Alors que son pays qui engrange des succès économiques continus avec une croissance de 4 à 5,2% depuis 7 ans, se veut un pôle régional dans tous les domaines, le ministre djiboutien lance un cri d’alarme. L’appel d’urgence pour Djibouti évalué à 30 millions de dollars a reçu un financement de 11 millions de dollars, à peine la moitié, pourtant Abdi Houssein Ahmed tient à remercier la communauté internationale tout en l’encourageant à soutenir ses efforts. L’enjeu est de taille car le Président Ismail Omar Guelleh, le successeur de Hassan Gouled, au pouvoir depuis l’indépendance du pays en 1977 jusqu’en 1999, place son troisième mandant sous le signe de « l’Exigence ».

Une situation difficile. Le ministre djiboutien, porte parole du gouvernement, Abdi Houssein Ahmed, ne souhaite pas passer sous silence la sécheresse qui touche 120.000 personnes soit 50% de la population rurale de son pays. Ce sont les femmes, les enfants et les femmes enceintes qui sont les plus vulnérables. La malnutrition chronique sévère ou modérée marque au fer des populations travailleuses et d’une grande dignité. Le cheptel agonise. 70 à 80 pour cent des troupeaux sont touchés par la sécheresse. Le gouvernement djiboutien a depuis le mois de novembre 2010 évalué les besoins afin que la situation ne se détériore. Dans un premier temps, l’Etat a mobilisé 1,2 million de dollars pour soulager les populations avant de se tourner vers la solidarité nationale. Un appel à la population a été lancé et des collectes organisées. A cet effet un compte de solidarité nationale est ouvert. Le Ministre de l’intérieur est le point focal qui travaille de concert avec trois autres ministères sectoriels (santé, agriculture et hydraulique) pour apporter un secours réel et humain. Ailleurs, c’est la famine, mais ici, on souffre des conséquences atroces de la sécheresse qu’il faut combattre. Somaliens et Ethiopiens viennent trouver refuge à Djibouti. Près de 2.200 personnes sont venues rejoindre les 20.000 réfugiés déjà présents sur place. Des organisations humanitaires internationales comme le Programme alimentaire mondial (PAM), le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) apportent leur aide. « Heureusement, nous n’avons pas encore noté des tensions entre nos populations et les réfugiés. Les Djiboutiens ont une fibre solidaire qui facilite la cohabitation. Nous avons une population toujours prête à apporter un secours » souligne le Ministre.

Le gouvernement djiboutien ne voudrait pas voir ses progrès économiques ensevelis dans le sable mouvant de la sécheresse. D’où cet appel à un effort accru de la part de la communauté internationale pour faire face aux conséquences désastreuses de la sécheresse et de la famine qui sévissent dangereusement sur la Corne de l’Afrique. Djibouti (23.000 km² avec une population de 883 000 habitants (Banque mondiale, 2008) avec un PIB par habitant qui s’élève à 1235 $ (2009), qui développe une diplomatie au service du développement et de la paix sera –t-il entendu ?


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