30 septembre 2014 / Mis à jour à 22:16 - Paris  Newsletter  Alertes e-mail  English edition  Flux
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Djibouti : Un pays en construction

Avec l’Union Internationale des Télécommunications (UIT), Djibouti veut développer de nouvelles pages de coopération qui permettront d’accompagner le boom des Ntics dans le pays (entre 2002/3 et 2010, le nombre d’abonnés à Internet est passé de 0 à 200 000). Le pays veut s’équiper pour accueillir prochainement ses 400 000 abonnés soit près de la moitié de la population.

Notons que le pays ne dispose pas encore de radio privée mais le ministre n’est pas contre l’installation de chaînes privées. « Ce serait intéressant que des jeunes puissent s’investir dans ce domaine » a annoncé le Ministre Abdi Houssein Ahmed, qui nous recevait à la représentation de son pays à Genève, en présence de Mohamed Siad Doualeh, Ambassadeur, Représentant permanent de la République de Djibouti et Président du Groupe des ambassadeurs francophones. Le Ministre fera remarquer qu’ : « il n’y a pas de journaliste emprisonné à Djibouti ni de prisonnier politique ni d’opinions. ». Pour lui la limite à observer c’est de ne pas inciter les populations à la violence. Il rappelle que « Le Président Guelleh a formé au mois de mai dernier un nouveau gouvernement composé de jeunes technocrates résolument tournés vers l’action et qui vont s’investir dans la durée pour l’industrialisation, le développement du commerce, l’assainissement des finances publiques, la lutte contre la corruption naissante etc…). M. Abdi Ahmed a fortement insisté sur le fait que pour mieux inscrire son pays vers l’avenir, le Président Ismail Omar Guelleh a créé un nouveau ministère chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche. [1]

De 2005 à 2010, le pays compte 5.000 étudiants. Un campus universitaire est en construction pour mieux les accueillir ainsi que d’autres étudiants africains. Concernant, l’ Organisation Mondiale pour la Protection de la Propriété Intellectuelle (OMPI), Djibouti entend également faire bénéficier sa population de programmes de renforcement de capacité dans le domaine de la protection du droit d’auteur. Le pays veut se doter d’une stratégie nationale de développement du droit d’auteur. Pour l’élargissement de sa représentation au niveau mondial, quatre nouvelles ambassades seront ouvertes en Allemagne, Russie, Afrique du Sud et au Koweït. La construction d’un chemin de fer reliant le Nord du pays et l’Ethiopie un des grands partenaires commerciaux (avec la Chine, Dubaï, Arabie Saoudite, France) est à l’étude. Concernant le secteur énergétique qui est une des grandes priorités du gouvernement car l’énergie coûte cher à Djibouti, le pays a trouvé avec l’Ethiopie une bonne affaire remarquable dans le cadre de la solidarité des peuples africains. Pendant la période chaude, l’Ethiopie fournit 30 méga watts à Djibouti et pendant la saison fraîche, c’est Djibouti qui fournit autant à l’Ethiopie ! Par ailleurs un projet de géothermie était très avance mais bloqué par la situation économique difficile que traverse l’Island le pays partenaire. Le pays s’engage à développer les énergies renouvelables en investissant dans les éoliennes et le solaire.

Selon des données publiques, on apprend qu’en raison de dépassements budgétaires importants, le FMI n’avait pas renouvelé la facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) après 2002. A cette date, 42 % de la population vivait avec moins de deux dollars par jour. Le taux de chômage s’élève à près de 56 %, ce pourcentage dépassant les 60 % au sein des groupes les plus défavorisés au plan économique. En 2007, le gouvernement lance une nouvelle initiative socioéconomique, l’Initiative nationale pour le développement social (INDS), qui repose sur les principes du Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP) et sur les objectifs visés par ce dernier, à savoir réduire le chômage et diminuer les inégalités. En septembre 2008, les bonnes performances économiques de Djibouti ont favorisé l’octroi par le FMI d’une nouvelle FRPC, d’une durée de trois ans (2008-2011) et d’un montant total de 20 millions de dollars US. Le revenu par habitant relativement élevé (1235 dollars en 2009) place Djibouti parmi les pays à revenu intermédiaire tranche inférieure.

Centre de la lutte contre la piraterie maritime

Les relations avec les pays occidentaux jugées bonnes, se sont renforcées après le 11 septembre 2001. Djibouti accueille, depuis 2002, une base militaire américaine (1300 hommes) dans le cadre de la lutte anti-terroriste. « Cette base s’est installée à camp Lemonnier, qui abritait auparavant la Légion Française », renseigne la diplomatie française. Les Forces d’auto-défense japonaises sont également sur le point d’ouvrir une base permanente à Djibouti, apprend on. Le porte-parole du Gouvernement nous a fait part, à Genève, de la construction d’un bâtiment qui sera un grand centre de la lutte contre la piraterie pour mieux protéger les côtes. On sait par ailleurs que l’opération Atalante disposait de bases en Djibouti. Ce pays se veut une plaque tournante de la surveillance de la piraterie maritime. « Le Président Guelleh a donné tout son temps et de son énergie pour que la Somalie retrouve le calme. », souligne le porte parole du gouvernement. En effet, « Djibouti est un acteur important du dossier somalien. Apres avoir été à l’origine des accords d’Arta (août 2000), Djibouti a été en 2008 le cadre de la négociation entre le gouvernement fédéral de transition et l’Union des tribunaux islamiques », martèle la diplomatie française. Les discussions ont abouti aux Accords de Djibouti en août et décembre 2008, précédant la mise en place d’un nouveau gouvernement transitoire à Mogadiscio, dirigé par Sheikh Sharif depuis son élection en janvier 2009.

En octobre prochain, Djibouti, qui se définit comme un pays multiculturel, organisera les Assises nationales de la culture autour de la grande question « c’est quoi la culture ? ». Il s’agit, renseigne le Ministre en charge de ce secteur, de donner des référents solides aux générations futures pour mieux renforcer la stabilité du pays et cimenter la nation djiboutienne qui reste attachée à une stabilité dans la Corne de l’Afrique.


[1] Au plan économique, le pays connaît un regain de croissance depuis 2006, avec un taux de croissance moyen supérieur à 5%. Ces bons résultats s’expliquent par la forte progression de ses échanges commerciaux avec la Chine ainsi que par d’importants investissements directs à l’étranger en provenance des pays arabes (Dubaï, Arabie Saoudite), qui ont connu une progression de 25% en 2008. Pour lutter contre les pirates, le pays qui mène une diplomatie de développement et de paix va abriter un centre de lutte contre la piraterie maritime, selon le porte parole du gouvernement, Abdi Houssein Ahmed, Ministre de la Culture et de la Communication.


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