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Kady Diarra forge sa musique métisse
Interview de la chanteuse en tournée avec son deuxième album : "Noumou"
Noumou, le deuxième album de la chanteuse Kady Diarra est sorti en septembre. Toujours enraciné dans les traditions musicales de son pays, le Burkina Faso, il innove par sa coloration finement métissée, croisant influences africaines et occidentales. Un mélange sciemment recherché par la chanteuse qui vit en France depuis dix ans.
« Noumou » signifie « forgeron » en bambara [1]. En Afrique, le forgeron est bien plus qu’un artisan. « C’est grâce à lui que les femmes peuvent couper les oignons et préparer le repas, c’est aussi grâce à lui que les femmes sont parées de bijoux et attirent les hommes », explique Kady Diarra. Un rôle social prépondérant auquel la chanteuse burkinabé issue d’une famille de griots souhaitait rendre hommage dans son deuxième album. Un vœu exaucé, la chanson-titre Noumou possède deux versions sur les 13 titres que comporte l’album. « Quand j’ai proposé Noumou à mon guitariste Franck Mercier, il a composé une autre version que la mienne, moins traditionnelle. Une version qui m’a plue et au final, je n’ai pas pu choisir entre les deux versions. J’ai donc gardé les deux ». Des choix, Kady Diarra en a pourtant fait dans ce nouvel opus. Noumou, bien que profondément ancré dans les traditions burkinabés de l’artiste, mélange finement les cultures musicales occidentales et ouest-africaines. Les compositions de Kady Diarra et Franck Mercier empruntent ainsi leurs instruments et leurs rythmes aux deux identités musicales. Balafon et percussions des villages Bobo (de la région de Bobodioulasso d’où est originaire Kady), y croisent donc des lignes de guitare, des sections afrobeat, voire un accordéon. Dans les titres Wariko et Djougouyaba, les cuivres font leur apparition, mêlés tantôt à la kora, à la batterie, au kamele ngoni (petite harpe luth). Des mélanges qui contrastent avec Dianako, le premier album de Kady paru en 2004, au travers duquel la chanteuse entendait avant tout présenter au monde un pan de la musique traditionnelle acoustique de son pays. « A force de travailler avec beaucoup de groupes musicaux issus de plusieurs pays d’Europe et d’Afrique de l’Ouest, j’ai eu envie de mélanger un peu les styles, en regroupant mes amis musiciens des deux continents ». Mélanger les gens, les styles et les cultures, Kady aime ça. Dans sa vie professionnelle, elle ne fait pas autre chose, elle multiplie les aventures et ajoute des cordes à son arc d’artiste. Digne descendante d’une mère et d’une grand-mère griotes, elle chante à 12 ans dans la chorale d’enfants « Sidoya » créée par Thomas Sankara, avant de s’envoler pour l’Europe en tant qu’actrice et danseuse au sein de la troupe d’Adama Dramé qui la propulsera au devant de la scène. Actrice, chanteuse, danseuse ? Kady Diarra est tout simplement une artiste accomplie. Afrik.com : Comment vous est venue l’idée de cet album plus métissé que le précédent ?
Afrik.com : Vous louez le forgeron, « Noumou », dans la chanson-titre de l’album. Quels sont les messages que vous souhaitez faire passer à travers vos chansons ?
Afrik.com : Votre mère justement était une griote. C’est avec elle que vous avez appris à chanter ?
Afrik.com : En dehors d’elles, quels sont les artistes qui vous inspirent ?
Afrik.com : Danseuse, chanteuse, actrice, vos talents sont multiples. Comment vous définissez-vous ?
Afrik.com : Vous paraissez avoir du caractère. Il en faut pour être une artiste femme qui dirige un groupe d’hommes ?
Afrik.com : Qu’est ce qui vous attend dans les prochains mois ?
KADY DIARRA / Koungo Lire aussi :
[1] Langue parlée au Mali, en Côte d’Ivoire et au Burkina Faso
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