1er septembre 2014 / Mis à jour à 00:29 - Paris  Newsletter  Alertes e-mail  English edition  Flux

Madagascar - Conflit - Diplomatie - Politique
Madagascar : l’UE dit non au dégel de son aide financière
Le plaidoyer d’Andry Rajoelina, à Bruxelles, n’a pas convaincu la Commission européenne. Andry Rajoelina, le président de la Haute Autorité de Transition (HAT) de Madagascar, a rencontré lundi, à Bruxelles, les responsables de la Commission européenne. Principal objectif : les convaincre de dégeler l’aide européenne à la Grande île. Mais ses propositions et ses engagements n’ont pas convaincu. Les négociations devraient se poursuivre. Pour Andry Rajoelina qui est arrivé en Europe depuis samedi, il s’agissait aussi de négocier des soutiens à sa candidature aux élections qu’il envisage d’organiser d’ici la fin de l’année.

Quatre mois après sa prise de pouvoir à Madagascar, Andry Rajoelina n’a toujours pas réussi à gagner la confiance de la communauté internationale. Lundi, à Bruxelles, il a échoué à convaincre les responsables européens d’annuler la suspension de leur aide financière à la Grande île. En raison de la crise politique que traverse Madagascar, l’Union européenne (UE) a gelé un portefeuille de 360 millions d’euros destiné à ce pays.

A l’issue de la rencontre de lundi, l’UE a indiqué que « les propositions et les engagements de la partie malgache restent dans un cadre non constitutionnel, ne présentant pas de perspectives crédibles pour un retour à l’ordre constitutionnel dans le court terme ». Selon Stefano Manservisi, le directeur général Développement à la Commission européenne, il y aurait même eu du recul par rapport à ce qui semblait jusque-là conclu avec le groupe de contact international, notamment sur la mise en place d’une transition neutre, indépendante et inclusive pour préparer des élections dans un contexte correct.

Escale à Paris

La rencontre de lundi s’est déroulée dans le cadre de l’accord économique de Cotonou, signé en 2000 entre l’UE et les Etats d’Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP). Ce texte prévoit des consultations lorsqu’une transition politique est susceptible de remettre en cause les principes démocratiques dans un pays ACP. Les discussions entre la HAT et l’UE vont se poursuivre après ce premier échec, a-t-on indiqué du côté européen.

Avant de se rendre dans la capitale belge, Andry Rajoelina aurait fait une escale à Paris, a rapporté, lundi, le quotidien français Libération. Il se serait entretenu, samedi, pendant une heure, avec le secrétaire d’Etat français à la Coopération, Alain Joyandet, dans un grand hôtel de la capitale française. Andry Rajoelina aurait indiqué à ce dernier et à l’un des conseillers de Nicolas Sarkozy, aussi présent à cette rencontre, qu’il compte organiser des élections générales avant la fin de cette année. Il leur aurait aussi annoncé son intention d’être candidat à la présidentielle. Dans cette perspective, l’ancien maire d’Antananarivo, âgé de 35 ans, envisagerait de modifier la Constitution qui ne permet pas, pour l’instant, l’élection d’un président de moins de quarante ans.

Des pourparlers inter-malgaches prévus à l’étranger

Les débats qui doivent servir de base à l’élaboration de la nouvelle Constitution ont eu lieu lors d’assises régionales qui se sont déroulées jusqu’à vendredi dernier dans toute l’île. Ces discussions ont été boycottées par l’opposition.

Les pourparlers inter-malgaches pour une sortie de crise sont dans l’impasse depuis fin mai. Les représentants des anciens chefs d’Etat, Didier Ratsiraka et Marc Ravalomanana, ont quitté la table des négociations. Le mois dernier, les Nations Unies ont indiqué qu’un accord de principe avait été trouvé entre les les différents protagonistes pour une reprise des pourparlers. Mais la date de ces discussions, qui devraient avoir lieu en dehors de Madagascar, n’a pas été précisée.


dossier
Le président malgache, Marc Ravalomanana, et le jeune maire d’Antananarivo, Andry Rajoelina, ont engagé un bras de fer en janvier 2009. Plusieurs dizaines de personnes ont été tuées au cours des manifestations qui ont émaillé le mouvement de contestation engagé par le maire de la capitale.


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