25 juillet 2014 / Mis à jour à 23:25 - Paris  Newsletter  Alertes e-mail  English edition  Flux

Madagascar - Conflit - Politique
Madagascar : l’ombre de Ravalomanana plane sur la « transition »
La Haute autorité de transition convoque des assises nationales. Des assises nationales démarrent aujourd’hui à Madagascar sous l’égide de la Haute autorité de la transition, dirigée par Andry Rajoelina. Le parti de l’ancien président Marc Ravaolomana ne compte pas y prendre part. Comme ses partisans, la communauté internationale souhaite le retour de l’ordre constitutionnel dans l’île.

La Haute autorité de la transition (HAT), qui préside aux destinées de Madagascar, lance ce jeudi des assises nationales. Pendant deux jours, les représentants de la société malgache sont appelés, notamment, à fixer la date du prochain scrutin présidentiel. Selon les engagements du président de la HAT, Andry Rajoelina, elles devraient se tenir au plus tard dans un délai de 24 mois. Les fidèles de M. Ravalomanana, qui ne comptent pas légitimer le pouvoir de l’ancien maire, ont annoncé mercredi qu’ils ne participeraient pas à ces rencontres. « Nous voudrions bien qu’il y ait des assises, mais nous ne sommes pas d’accord sur le contenu », a confié à l’AFP Raharinaivo Andrianantoandro, le porte-parole du TIM, le parti de Marc Ravalomanana. La formation présidentielle, qui compte organiser ses propres assises ce vendredi, souhaite « d’abord discuter de la sortie de crise » et réclame le retour aux affaires de son leader.

Le nouveau pouvoir malgache insensible aux critiques

Les partisans de l’ancien président malgache multiplient depuis le 23 mars les manifestations de soutien. « Avereno dadanay, avereno Ravalo ("Faites revenir le père, faites revenir Ravalomanana"), » ont scandé la semaine dernière des milliers de Malgaches. Plébiscité dans son pays, Marc Ravalomanana bénéficie aussi de l’appui de la communauté internationale, notamment de Paris et de Washington, qui ont condamné « le coup d’Etat » dont il a été victime. L’Union africaine a suspendu, en mars, Madagascar de ses instances. Tout comme la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC). Les dirigeants des pays membres de l’organisation ont exigé, ce lundi, le retour à l’ordre constitutionnel. Marc Ravalomanana, qui participait au sommet de l’organisation, a profité de l’occasion pour revenir, mercredi, sur les circonstances de son éviction du pouvoir. Il dit avoir été forcé de transmettre ses pouvoirs à un directoire militaire sous « la menace d’une arme ». « Je n’ai jamais démissionné. J’ai été forcé de transmettre le pouvoir sous la menace d’une arme, le 17 mars ». Des déclarations démenties par des sources concordantes recueillies par l’AFP. « C’est faux, il n’y a pas eu de marche sur Iavoloha (le palais d’Etat occupé par Marc Ravalomanana avant sa démission), cela n’a jamais été prévu de marcher là-bas », a affirmé le colonel André Andriarijaona, chef de l’état-major général de l’armée malgache. Cette dernière avait, à son tour, remis le pouvoir à l’opposant Andry Rajoelina.

Insensible aux oppositions que suscite sa prise de pouvoir, Andry Rajoelina a déjà annoncé mardi les noms de 41 des 44 membres qui formeront son gouvernement de transition. L’ancien maire compte également sur ses fidèles pour conforter son pouvoir.


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Le président malgache, Marc Ravalomanana, et le jeune maire d’Antananarivo, Andry Rajoelina, ont engagé un bras de fer en janvier 2009. Plusieurs dizaines de personnes ont été tuées au cours des manifestations qui ont émaillé le mouvement de contestation engagé par le maire de la capitale.


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