25 octobre 2014 / Mis à jour à 03:23 - Paris  Newsletter  Alertes e-mail  English edition  Flux

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Rajoelina - Ravalomanana : l’imbroglio malgache
La ministre de la justice du gouvernement de transition a lancé un mandat d’arrêt contre le président de Madagascar. Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana continuent leur bras de fer. L’opposant malgache a demandé, lundi, aux forces de l’ordre d’arrêter le président. La ministre de la justice de l’opposition, Christine Razanamahsoa, avait lancé, un peu plus tôt, un mandat d’arrêt pour « haute trahison » contre le chef d’ Etat. Pour l’heure, l’Union Africaine, qui a ouvert une réunion d’urgence, essaye de ramener le calme dans le pays.

La crise politique persiste à Madagascar. Andry Rajoelina, l’opposant malgache, et le président, Marc Ravalomanana, campent sur leurs positions. Pas question, pour les deux chefs, de lâcher du terrain. Et ce n’est pas prêt de s’arranger.

Aux dernières nouvelles, le chef de l’opposition a demandé, lundi, « aux forces de l’ordre » d’arrêter le chef d’Etat, lors d’un discours devant ses partisans au centre d’Antananarivo, la capitale malgache. « Je demande aux forces de l’ordre d’exécuter sans retard les mesures de la ministre de la Justice du gouvernement de transition nommé par l’opposition », a-t-il déclaré. Pourtant, l’armée avait indiqué, dimanche soir, qu’elle ne marcherait pas sur le palais présidentiel. « Nous ne souhaitons pas de nouveaux affrontements », a confié, le colonel André Andriarijaona, chef d’état-major des armées, au quotidien français, Le Monde. Un peu plus tôt, la ministre de la justice, Christine Razanamahsoa, avait indiqué qu’un mandat d’arrêt pour haute trahison avait été lancé contre Marc Ravalomanana. Avec deux gouvernements, deux présidents différents, Madagascar est devenu un grand échiquier politique.

L’Union Africaine s’active

Face à cette situation, le conseil de la paix et de sécurité africaine (UA) a ouvert, lundi, une « réunion d’urgence » pour tenter de résoudre cette crise politique, à Addis Abeba. Objectif : élaborer une déclaration commune concernant les derniers développements à Madagascar. Après l’échec des Nations unies dans les négociations politiques malgaches, l’UA semble être la dernière instance à pouvoir convaincre Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina de régler, au plus vite, leurs litiges. Jean Ping, le président de la commission de l’UA, a renouvelé, ce week-end, « son appel aux parties malgaches pour qu’elles fassent preuve de retenue ». Il a également réitéré « la détermination de l’UA, en étroite collaboration avec ses partenaires, notamment les Nations Unies et la Francophonie, à faire tout ce qui est en son pouvoir pour aider les parties prenantes malgaches à trouver une issue négociée et pacifique à la crise actuelle, dans le respect de la légalité ». L’UA a déjà plusieurs fois condamné toute tentative anticonstitutionnelle de prise de pouvoir dans cette île de l’océan Indien, où doit se tenir le prochain sommet de l’organisation, en juillet.

Andry Rajoelina, le frondeur

Pour autant, cette déclaration n’a pas eu l’effet escompté. Et le bras de fer entre Andry Rajoelina et Marc Ravalomanna semble continuer. Le chef de l’opposition a appelé, lundi, une nouvelle fois, ses partisans à se rassembler pour contraindre le président, Marc Ravalomanana, à démissionner. Le chef de l’opposition malgache entame une guerre d’usure contre son ennemi numéro 1. La concertation nationale proposée, dimanche, par le président malgache, Andry Rajoelina n’en veut pas. « Nous ne sommes pas intéressés par ce référendum », a-t-il déclaré, lundi, à son arrivée au siège de la radio-télé malgache. Du côté de l’opposition, on craint que ce référendum soit truqué. « Le président dispose encore de nombreux réseaux dans l’administration, et c’est elle qui contrôlera les votes dans les régions les plus reculées du pays… », a précisé, au Monde, le Général Désiré Philippe Ramakave, un proche d’Andry Rajoelina.

« Je reste au pouvoir. Je n’ai pas peur d’un référendum si c’est nécessaire »

Malgré les assauts répétés de l’opposant, Marc Ravalomanana n’entend pas laisser sa place. Dimanche, le président avait affirmé qu’il était prêt à organiser un référendum pour régler la crise ouverte avec l’opposition. « Je reste au pouvoir. Je n’ai pas peur d’un référendum si c’est nécessaire », avait lancé le chef de l’Etat à 5.000 de ses partisans rassemblés devant le palais présidentiel. Les intimidations d’Andry Rajoelina ne semblent pas atteindre Marc Ravalomanana. Selon les observateurs, le président malgache chercherait à gagner du temps pour mettre à l’abri ses intérêts économiques. Une partie de sa famille est d’ailleurs partie s’installer dans les pays voisins.

La journée de samedi a marqué un nouveau durcissement dans le conflit entre le président et le chef de l’opposition. Andry Rajoelina avait proclamé qu’il « commandait » l’armée et qu’il « dirigeait » désormais le pays à la tête d’une « Haute autorité de transition » censée organiser des élections « libres et équitables » d’ici deux ans.

Pour l’heure, l’instabilité politique est toujours d’actualités dans le pays. Malgré, la volonté de l’UA de sortir Madagascar de la crise, Andry Rajoelina et Marc Rvalomanana restent englués dans un conflit, qui dure depuis le 26 janvier, et qui ne semble pas prêt de s’arrêter.


dossier
Le président malgache, Marc Ravalomanana, et le jeune maire d’Antananarivo, Andry Rajoelina, ont engagé un bras de fer en janvier 2009. Plusieurs dizaines de personnes ont été tuées au cours des manifestations qui ont émaillé le mouvement de contestation engagé par le maire de la capitale.


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