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Nicolas Sarkozy : l’esclavage sera étudié à l’école et le 23 mai devient une journée commémorative
Le président français s’est exprimé ce samedi 10 mai à Paris. L’étude de l’esclavage sera inscrite dès la rentrée prochaine dans le programme de l’école primaire française tandis que des ouvrages d’Aimé Césaire seront étudiés au collège et au lycée, a annoncé samedi à Paris le président Nicolas Sarkozy. Le président de la République a également rappelé que le 23 mai serait "une journée commémorative "pour les associations qui regroupent les Français d’Outre-mer de l’hexagone et souhaitent "célébrer le passé douloureux de leurs aïeux".

Avec Panapress

Dans un discours prononcé aux jardins du Luxembourg à l’occasion de la Journée de commémoration nationale des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions, le président français, Nicolas Sarkozy, a affirmé que "l’esclavage et son abolition seront introduites dans les nouveaux programmes de l’école primaire dès la rentrée prochaine".

"L’esclavage a été une tragédie qui a meurtri durablement des continents entiers. L’esclavage est une blessure. C’est une blessure profonde qui pèse encore sur nos consciences. Les mémoires portent le poids de cette histoire", a martelé le président Sarkozy.

"Cette histoire doit être inscrite dans les manuels scolaires afin que nos enfants puissent comprendre ce qu’a été l’esclavage, afin que nos enfants puissent mesurer les souffrances que l’esclavage a engendré, les blessures qu’il a laissées dans l’âme de tous ceux que rien ne peut délier de ce passé tragique", a-t-il ajouté. Il convient de noter cependant que l’esclavage est inscrit dans deux classes du primaire, le CM1 et le CM2 depuis 2002. Une page de l’histoire française qui aurait pu être supprimée cette année des programmes par l’arrêté du 4 avril 2007 si des enseigants et des militants associatifs ne s’étaient élevés contre cette manoeuvre.

Nicolas Sarkozy a estimé samedi que la célébration de cette Journée du 10 mai "ne doit pas être seulement un rappel historique, mais l’occasion de dire que l’asservissement existe toujours dans toutes les sociétés, sur presque tous les continents". "Des millions de personnes sont encore victimes de la traite. Elles demeurent privées de liberté, soumises à des conditions d’exploitation brutales. Ces formes modernes d’esclavage doivent être condamnées sans faiblesse", a poursuivi le président français.

Le 23 mai légitimé par la République française

Le président Nicolas Sarkozy a souligné également que le 23 mai serait "une journée commémorative pour les associations qui regroupent les Français d’Outre-mer de l’Hexagone et souhaitent "célébrer le passé douloureux de leurs aïeux".

Le choix du 10 mai par Jacques Chirac, en 2006, avait été contesté par les principales associations de Français originaires d’outre-mer. Le président Chirac s’était appuyé sur les recommandations du Comité pour la mémoire de l’esclavage constitué pour statuer sur cette question et présidé par l’écrivain Maryse Condé.

De nombreuses associations et la majorité des parlementaires d’Outre-mer, qui jugeaient la date du 10 mai illégitime, militaient pour le 23 mai. Cette date est celle d’une marche qui a réuni en 1998, à Paris, plus de 40.000 Français originaires des Antilles, de Guyane et de La Réunion qui pour la première fois, de façon aussi massive, honoraient la mémoire de leurs aïeux esclaves.

Le 23 mai représente aussi symboliquement le premier jour de liberté des esclaves dans les colonies françaises. Au lendemain de la révolte du 22 mai 1848, l’abolition a été proclamée à la Martinique par les autorités françaises, puis dans les autres colonies à esclaves. Enfin, c’est le 23 mai 2001 que la loi Taubira reconnaissant l’esclavage comme un crime contre l’humanité a été inscrite au Journal Officiel.

Dans une circulaire du Premier ministre début mai, l’Etat a finalement décidé de reconnaître le 23 mai comme date commémorative en métropole pour les associations regroupant les Français d’outre-mer.

Retrouver l’intégralité du discours de Nicolas Sarkozy

Lire aussi :

- Nicolas Sarkozy et la mémoire de l’esclavage
- 23 mai, Journée nationale des victimes de l’esclavage colonial
- 10 mai : commémorer l’abolition de l’esclavage et dénoncer les discriminations en France


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