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Culture - Afrique du Nord - Egypte - France - Pan Afrique

L’UEMOA s’engage pour la culture
L’organisation a financé la formation d’acteurs culturels africains à l’Université Senghor d’Alexandrie

L’Union économique et monétaire des Etats d’Afrique de l’Ouest, basée à Ouagadougou (Burkina Faso), a financé un séminaire de formation accélérée des cadres des secteurs culturels africains, organisé par l’Université francophone Léopold Sédar Senghor d’Alexandrie, en Egypte. Entretien avec Olivier Zegna Rata, directeur des relations extérieures de la chaine de télévision française Canal+, l’un des professeurs associés à cette initiative.


 Dossier : Intégrer l’Afrique à l’économie mondiale



vendredi 21 mars 2008, par F. G.


En provenance des pays membres de l’Union économique et monétaire des Etats d’Afrique de l’Ouest et d’ailleurs, plusieurs acteurs culturels africains ont assisté toute cette semaine, en Egypte, à une formation dispensée par des professionnels de la culture et de la communication. Olivier Zegna Rata, qui était l’un d’eux, revient sur cette expérience.

Afrik. com : Quel était l’objectif de ce séminaire ?
Olivier Zegna Rata
 : Le séminaire a pour but de donner à ses participants toutes les clefs pour réussir le montage et assurer le succès d’un projet culturel conçu et réalisé dans un pays africain, en tenant compte des spécificités de chaque pays. Les méthodes et les outils ne sont pas les mêmes, ni les problèmes rencontrés, ni les solutions à mettre en œuvre, dans chaque pays. C’est tout l’intérêt et la richesse de l’exercice, il s’agit de donner des clefs qui soient des passe-partout, des outils qui ressemblent plutôt au couteau suisse qu’au tournevis. En quittant ce séminaire, chacun doit disposer des éléments d’une méthode d’action, qu’il saura ensuite adapter à chaque situation, en fonction du projet culturel qu’il doit conduire et des publics qu’il doit séduire. Le paradoxe de ce séminaire, c’est que sa réussite repose sur la qualité des participants, qui sont tous déjà des intervenants reconnus dans le domaine de la culture et du patrimoine. C’est aussi tout l’intérêt du dialogue qui s’établit lors de nos travaux.

Afrik. com : Vous avez assuré cinq heures de cours pendant cinq jours à l’Université d’Alexandrie. Sur quoi a porté votre intervention ?
Olivier Zegna Rata
 : "La communication des projets culturels" était l’intitulé exact des cours que j’ai dispensés. Toucher le public cible d’un projet culturel, assurer sa renommée, construire sa notoriété pour l’installer dans le temps supposent de disposer d’une diversité d’outils auxquels il faut se familiariser pour le mener à bien. Mon intervention a permis d’aborder ces différents aspects et les spécificités de la communication culturelle.

Afrik.com : Pourquoi l’UEMOA a-t-elle choisi de financer cette formation ?
Olivier Zegna Rata
 : Je ne suis pas sûr d’être le plus qualifié pour vous répondre. Mais je peux vous dire pourquoi, à mon sens, cette formation est vraiment utile. Au cœur de la leçon politique de Léopold Sédar Senghor, se trouve justement cette prise de conscience que la politique culturelle est à la fois le début et la fin de toute action politique. C’est le début parce que la seule légitimation durable et solide d’une communauté nationale, c’est le partage d’une même culture, le recours aux mêmes références historiques, morales, intellectuelles. Si le politique échoue à créer ce sentiment d’une communauté culturelle et du partage de certaines valeurs, alors très rapidement c’est sa propre légitimité qui est contestable. Donc Léopold Sédar Senghor était fondé à déclarer que la politique culturelle est toujours la priorité de l’action de l’Etat, des Etats puisque l’UEMOA est une organisation panafricaine.

Afrik : En quoi ce besoin est-il particulièrement criant aujourd’hui ?
Olivier Zegna Rata
 : Il l’est, indubitablement. Il ne l’a peut-être jamais été autant. Les mutations actuelles de l’économie mondiale s’appuient sur une globalisation des communications qui font de la consommation des produits culturels une consommation mondiale. C’est un risque pour la diversité culturelle, et ce serait un risque pour la diversité des cultures africaines en particulier, si les responsables culturels africains ne prenaient pas immédiatement la pleine mesure de cette mutation. Car la mondialisation est aussi une chance pour les artistes et les créateurs africains. Elle leur permet de devenir eux-mêmes des acteurs de ce marché mondial. Elle leur permet de bénéficier eux-mêmes des financements qui circulent sur le marché international de l’art. Or l’Afrique est un continent de création, un continent plein d’imagination, qui sait refonder les pratiques artistiques dans la réalité vécue. La confrontation avec la vitalité et la fécondité artistique africaine est toujours une source d’admiration, et cela dans tous les domaines, la littérature francophone, la peinture, la musique, la danse… Aujourd’hui les créateurs africains jouent un rôle fondamental pour accélérer le décollage économique de l’Afrique, en lui rendant à la fois sa fierté et sa force. C’est en ce sens que l’initiative de l’UEMOA et de l’Université Senghor doit être saluée : elle donne les moyens à des professionnels reconnus et souvent expérimentés sur le terrain de devenir dans les prochains mois les « hussards africains » de la diversité culturelle !

 Galerie de portraits des participants à la formation de l’UEMOA organisée par l’Université Senghor d’Alexandrie


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