23 octobre 2014 / Mis à jour à 07:02 - Paris  Newsletter  Alertes e-mail  English edition  Flux
Niger - Art - Mode - Portraits
Alphadi : « Je ferai tout pour que la culture africaine puisse etre revisitée »

Après des décennies de gloire dans un secteur où il peut évidemment se targuer d’être le top sur le continent africain, Alphadi, le très charismatique styliste, a encore le vent en poupe. Après avoir ouvert de nombreuses boutiques dans différentes villes européennes et africaines, le styliste, d’origine nigérienne, vient de déposer ses valises dans la prestigieuse ville de New York. Afrik.com est allé à sa rencontre pour s’enquérir sur le choix de cette ville si convoitée par le célèbre styliste africain

Alphabi, vraie icône africaine de la mode et du stylisme. De son vrai nom Seidnaly Sidhamed, Alphadi est un créateur de mode de 55 ans d’origine nigérienne. Né à Tombouctou le 1er juin 1957, celui que l’on surnomme « le Magicien du Désert » jouit aujourd’hui d’une renommée internationale. De l’Europe à l’Amérique en passant par l’Afrique à L’Asie, Alphadi a largement participé à remodeler l’univers de la mode moderne, en y incrustant une petite et authentique dose africaine. Aujourd’hui, il compte conquérir le monde et vient d’ouvrir à New York une nouvelle boutique de mode. Retour sur la carrière d’un artiste multidimensionnel qui a véritablement révolutionné l’univers de la mode moderne ces dernières décennies.

Alphadi, père du stylisme africain

De 1983 (date de son entrée dans l’univers de la mode) à nos jours, Alphadi aura eu le vent en poupe. Le bac en poche, il choisit de faire ses études de Tourisme à Paris. Le jeune homme, né dans un pays musulman où la mode reste un secteur interdit aux garçons, profite de son voyage en France pour se rapprocher de sa passion et s’inscrit à l’Atelier CHARDON SAVARD pour y prendre des cours. Ses études finies, il retourne au bercail où il occupe le poste de directeur de Tourisme au Ministère. En 1983, le jeune Touareg décide de se consacrer entièrement à la mode. Sa ligne Haute Couture présentée lors de son premier défilé à Paris signe sa consécration. Les succès et les prouesses se multiplient. Le jeune nigérien enchaine les tournées à l’international : Niamey, Paris, Abidjan, Washington, Québec, Tokyo…le monde entier tire le chapeau à ce petit génie africain de la mode. Ce n’est que le début d’une longue et riche carrière pour un artiste qui, pourtant, n’en est qu’à ses balbutiements. En 1987, il reçoit le prix d’Oscar du Meilleur Styliste africain qui lui a été décerné par la Fédération française de la Couture et du Prêt à porter. Entre 1998 et 2004, il connait un succès flamboyant, sans doute fruit d’un travail de longue haleine. Il reçoit le prix de la Fondation Prince Claus, le Kora Fashion Award à Sun City en Afrique du Sud. Il est élevé par le Président Jacques Chirac au grade de chevalier de l’Ordre du mérite et est nommé ambassadeur pour la lutte contre la drépanocytose.

Destination : New York

Aujourd’hui, le quinquagénaire ne compte pas s’arrêter en si bon chemin et vient d’ouvrir tout récemment une nouvelle boutique de mode dans la prestigieuse capitale américaine des affaires, New York City. Joint par Afrik.com, l’artiste nous livre ses quelques secrets concernant la mise en place de cette boutique. « J’ai choisi la ville de New York en raison de sa richesse culturelle. C’est une ville où se côtoient noirs, blancs, asiatiques…J’ai envie de donner une chance à la minorité qui vit ici dans cette ville. La culture africaine est très riche en réalité. » déclare-t-il. Ouverte officiellement le 18 janvier dernier, la boutique se veut un miroir de l’Afrique. L’artiste nous fait savoir qu’il s’agit d’une véritable innovation dans cette prestigieuse ville américaine et le seul de fait de mettre en vente des produits purement africains (mais pas seulement) constitue une fierté pour le styliste qu’il est. Parmi les produits qu’on trouve sur les rayons, il y a : du parfum Alphadi, des manteaux, des jeans, des boubous africains etc. et les prix très accessibles allant de 25 à 300 dollars démontre que l’artiste pense aussi aux couches sociales les plus défavorisées qui, elles aussi, doivent y trouver leurs places en pleine période de crise économique. Interrogé sur une éventuelle concurrence avec d’autres magasins déjà présents sur place, il répond : « Je n’ai pas peur de la concurrence. Car je sais que les gens aiment mes produits et qu’ils sont prêts à les acheter. C’est vrai qu’il y une concurrence ici, mais les gens qui sont là ne peuvent pas me faire peur. J’ai confiance en moi. » Aujourd’hui, l’artiste reconnait avoir déboursé une somme assez exorbitante pour le financement de cette boutique, mais ne cache pas sa volonté d’en ouvrir d’autres pour les années à venir. « Comme je l’ai fait dans bien des pays africains, je compte mettre en place d’autres boutiques dans d’autres villes américaines. Je ne compte surtout pas m’arrêter. Je ferai tout pour que la culture africaine puisse être revisitée » a-t-il conclu. Alphadi a décidément le vent en poupe.


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