
La finale de la CAN 2025 reste suspendue à la décision du Tribunal arbitral du sport (TAS). Remportée sur le terrain par le Sénégal, elle a ensuite débouché sur un score de forfait homologué par la CAF en faveur du Maroc. Désormais, les deux pays sont dans l’attente de la décision définitive du Tribunal Arbitral du Sport. Au Mondial 2026, la France a déjà battu les Lions de la Teranga en phase de groupes et retrouve les Lions de l’Atlas jeudi 9 juillet en quart de finale. Un hasard de calendrier qui installe les Bleus en arbitres officieux du duel maroco-senegalais.
Le contentieux né de la finale de la CAN 2025 n’est toujours pas tranché. Le 18 janvier 2026, au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, le Sénégal s’était imposé 1-0 après prolongation grâce à un but de Pape Gueye. Deux mois plus tard, le 17 mars, le Jury d’appel de la CAF a déclaré les Lions de la Teranga battus par forfait et homologué le score de 3-0 en faveur du Maroc, au motif que les joueurs sénégalais avaient quitté la pelouse pendant plusieurs minutes pour protester contre un penalty accordé en fin de match. La Fédération sénégalaise de football a saisi le TAS le 25 mars. Elle réclame l’annulation de cette décision et la reconnaissance de son titre. La procédure écrite suit son cours à Lausanne, sans date d’audience annoncée à ce jour.
Un détail juridique nourrit l’ambiguïté. Dans sa décision, le Jury d’appel a lui-même précisé que « l’attribution de titres » ne relevait pas de sa compétence. La CAF a donc homologué un résultat de forfait sans proclamer officiellement le Maroc champion d’Afrique et elle a même retiré de son site la page consacrée au podium. Résultat, le titre continental existe aujourd’hui en deux versions incompatibles, celle du stade, où le Sénégal a soulevé le trophée remis par Patrice Motsepe, et celle des règlements, qui prive les Lions de la Teranga de leur sacre sans l’accorder formellement à personne. Et comme le recours devant le TAS n’a pas d’effet suspensif, rien n’est figé. C’est dans ce vide que le Mondial 2026 introduit un acteur imprévu à travers de la France.
La France, juge sportif involontaire
Les Bleus n’ont évidemment aucune prise sur la procédure de Lausanne. Ils ne rendront pas le trophée au Sénégal et ne confirmeront pas davantage l’avantage marocain. Le calendrier américain leur attribue en revanche un rôle inattendu : celui de point de comparaison entre les deux rivaux.
En phase de groupes, le 16 juin au MetLife Stadium, la France a battu le Sénégal 3-1. Les Lions de la Teranga ont longtemps tenu bon avant de céder en seconde période sur un doublé de Kylian Mbappé et un but de Bradley Barcola, Ibrahim Mbaye sauvant l’honneur deq Lions. Trois semaines plus tard, les Bleus vont retrouver le Maroc en quart de finale, jeudi 9 juillet à Boston, après la victoire marocaine sur le Canada (3-0, doublé d’Azzedine Ounahi puis but de Soufiane Rahimi) et le succès français contre le Paraguay (1-0, penalty de Mbappé).
Le raccourci est tentant. Si le Maroc bouscule ou élimine la France, il pourra revendiquer, dans l’imaginaire collectif au moins, une supériorité sportive sur un Sénégal battu plus tôt par cette même équipe. Si les Bleus dominent nettement les Lions de l’Atlas, les Sénégalais y verront la preuve que leur victoire de Rabat n’avait rien d’un accident.
Un baromètre plutôt qu’un verdict
Battre une équipe qui en a battu une autre n’établit aucune hiérarchie définitive car la forme du moment, les absences et le scénario d’un match pèsent plus lourd que les comparaisons croisées. Une rencontre de poules disputée mi-juin ne se joue pas dans les mêmes conditions qu’un quart de finale de Coupe du monde. Le football se prête mal à ce genre d’équation mais nul n’empèchera les supporters de faire la comparaison.
Le TAS déterminera qui doit figurer au palmarès de la CAN 2025 mais le quart de finale, lui, indiquera quelle sélection africaine paraît aujourd’hui la mieux armée face au très haut niveau mondial. Depuis sa demi-finale de 2022, déjà perdue contre la France (2-0), le Maroc s’est imposé comme la référence du continent. Le Sénégal, champion d’Afrique 2021, refuse de lui abandonner ce statut.
La finale de Rabat devait les départager, elle s’est muée en litige que des juristes règlent désormais à huis clos. Le quart France-Maroc alimentera donc les conversations de supporters et les unes de journaux, où les comparaisons s’imposent sans attendre d’être exactes. Dans un dossier gelé devant le TAS, le résultat de jeudi soir constituera le premier fait nouveau depuis des mois.




