Sénégal : au CEM Malick Sy, le traumatisme des inondations et le miracle d’une rentrée épargnée


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Le CEM Maick Sy
Le CEM Maick Sy

Les traces des fortes pluies qui ont fait des victimes au Sénégal au début du mois d’octobre sont toujours visibles au Collège d’enseignement moyen (CEM) Malick Sy de Thiès. Le gouvernement sénégalais avait repoussé la rentrée scolaire au 12 octobre 2026 pour nettoyer et sécuriser les établissements sinistrés, mais la situation de ce collège thiessois reste difficile ce vendredi 23 octobre 2026. L’effondrement d’un arbre centenaire sur les bâtiments administratifs et les salles de classe rappelle la violence des intempéries et provoque un sentiment de soulagement mêlé d’inquiétude parmi les riverains et les élèves.

A Dakar,

Chronique visuelle des dégâts

Initialement prévue le 5 octobre 2026, la rentrée scolaire a été repoussée au 12 du même mois, en raison de fortes pluies qui se sont abattues sur le pays. Dans beaucoup d’école, ces intempéries ont laissé des séquelles. C’est le cas du CEM Malick Sy de Thiès où le chaos est encore apparent. Les photographies prises à l’intérieur et aux abords de l’établissement montrent l’ampleur du sinistre. Au premier plan, un tas de branches vertes, de feuilles arrachées et de morceaux de troncs sciés recouvre le sol de l’entrée de l’école, transformée en chantier d’élagage. Des dizaines de fruits de caïlcédrat vert clair sont éparpillés sur la terre battue. En arrière-plan, le tronc principal d’un vieux caïlcédrat (khaya senegalensis) reste debout, étêté et privé de ses branches.

Le CEM Maick Sy
Le CEM Maick Sy

En tombant, cet arbre massif a causé des dégâts importants sur les bâtiments administratifs et pédagogiques situés juste derrière le mur d’enceinte ocre. La charpente d’un long bâtiment beige a été enfoncée par le poids des branches : les tôles en fibrociment sont brisées et la structure est à ciel ouvert. Sur le flanc droit de l’établissement, près d’un portail métallique rouillé, une plaque blanche surmontée de barbelés porte l’inscription « CEM MALICK SY THIÈS ».

Les bruits de l’après-midi du sinistre

À côté, des branchages desséchés et roussis obstruent encore une bonne partie des voies de circulation interne. Pour les voisins immédiats de l’établissement, dont les concessions font face au terrain de sport et aux poteaux de but en fer forgé du collège, le souvenir de cette journée d’orages reste vif. Les résidents du quartier décrivent un phénomène très bruyant, survenu au plus fort des précipitations de 142 millimètres qui ont touché la région.

« Il pleuvait à torrents et le vent soufflait avec une force destructrice quand nous avons entendu des craquements effroyables, suivis de bruits assourdissants et métalliques », raconte Fatou D., une riveraine dont la maison surplombe la cour du collège. « C’était un fracas terrible. Les grosses branches de l’arbre, ce caïlcédrat immense, se détachaient les unes après les autres sous le poids de l’eau et de la tempête. Le sol a tremblé lorsqu’elles ont écrasé les salles de classe et le toit des bureaux. Dans le noir, nous savions que le cœur de notre école venait de s’effondrer ».

« Nous avons vu le toit complètement défoncé »

Un autre habitant du quartier, installé à Thiès depuis plusieurs décennies, confirme la violence de l’impact et décrit l’état des structures. « Ce caïlcédrat faisait la fierté et l’ombre de notre quartier, mais ses branches ont littéralement broyé la toiture en ciment », explique Amadou Kane, mécanicien. « Quand la pluie s’est arrêtée, nous avons vu le toit complètement défoncé. Les structures maçonnées n’ont pas résisté à la chute du tronc supérieur. C’est une vision de désolation qui montre à quel point les infrastructures scolaires publiques sont vulnérables face à ces phénomènes climatiques ».

Pour les collégiens du CEM Malick Sy, l’état de leur établissement n’a été découvert que le lundi 12 octobre 2026, lors de la rentrée des classes reportée. En arrivant devant le portail, les élèves ont trouvé des bâtiments endommagés, loin des salles nettoyées et désinfectées annoncées par l’administration territoriale.

La stupeur des élèves au matin de la rentrée

« Nous n’avons découvert l’état chaotique et dévasté de notre école qu’à la rentrée, c’était un choc absolu de voir nos classes écrasées sous les arbres », confie cet élève en classe de troisième. Malgré la vue quotidienne de ces ruines et des débris végétaux qui encombrent toujours le terrain de jeu, le jeune homme se dit soulagé. « Nous rendons grâce à Dieu, mille fois, que ces faits se soient produits avant l’ouverture des classes. Si l’arbre était tombé en pleine journée de cours, le bilan aurait été tragique pour les élèves et les professeurs ».

Le même sentiment de gratitude revient dans les discussions entre camarades, près des salles épargnées. « Quand on voit l’état du toit en fibrociment enfoncé et les énormes troncs couchés sur le sol, on comprend qu’un miracle a eu lieu », souligne à son tour Ndèye, élève de quatrième. « La rentrée est difficile à cause des décombres et de la poussière des branches sèches, mais nous sommes tous vivants. C’est l’essentiel. Maintenant, nous demandons simplement aux autorités de dégager ces troncs pour que nous puissions étudier en sécurité ».

Le défi de la réhabilitation à la fin d’octobre

Aujourd’hui, les cours au CEM Malick Sy de Thiès se déroulent dans des conditions difficiles. Les résidus de l’élagage d’urgence occupent une grande partie de l’espace extérieur et gênent les déplacements des élèves et du personnel administratif. Les enseignants doivent adapter l’occupation des salles en fonction des bâtiments déclarés dangereux ou inaccessibles par la direction.

Au CEM Malick Sy de Thiès, les cours d’éducation physique et sportive n’ont pas repris depuis l’ouverture des classes : le terrain de sport, situé à la devanture de l’école, est impraticable. Cet espace accueillait aussi les matchs de football des jeunes du quartier. Il est aujourd’hui envahi par des branches et des morceaux de tronc, que des bûcherons s’efforcent de dégager. « Tant que ce travail de déblaiement n’est pas terminé, impossible de reprendre l’activité sportive, même de façon partielle », souffle ce riverain.

Alioune Diop
Une plume qui balance entre le Sénégal et le Mali, deux voisins en Afrique de l’Ouest qui ont des liens économiques étroits
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