RD Congo : David Nott, le chirugien qui opérait par SMS

La performance restera dans les annales de la médecine moderne. En République Démocratique du Congo, le chirurgien britannique David Nott a réussi une amputation du bras, opération très délicate, en se faisant guider par les SMS de son collègue resté à Londres.

Le Nord-Kivu, province de la République Démocratique du Congo, tristement célèbre pour la guerre civile qui l’ensanglante, pourra désormais s’enorgueillir d’être devenue le berceau de la chirurgie par SMS. David Nott, chirurgien britannique, y a effectué une amputation du bras en recevant les instructions de son collègue, le professeur Meirion Thomas… par SMS de Londres. Le médecin de 52 ans, volontaire de Médecins sans frontières (MSF) à Rutschuru, a réussi à sauver la vie d’un adolescent congolais de 16 ans en suivant la procédure en 10 étapes transmise par son confrère. Selon les versions, le jeune homme aurait été mordu par un hippopotame ou blessé par balles. « Je me suis posé la question de savoir s’il était judicieux de laisser un jeune homme dans cette guerre avec un seul bras, a déclaré le médecin. Mais si je ne l’avais pas fait, il serait mort. J’ai donc respiré un bon coup et j’ai suivi les instructions », a rapporté mercredi la BBC.

Les sms qui sauvent la vie

Contrairement à son confrère du Royal Marsden Hospital à Londres, qui avait déjà eu l’occasion de pratiquer cette délicate opération, David Nott a pris le risque de s’aventurer en terre inconnue. Autrement, son patient qui n’avait alors que « deux ou trois jours à vivre », selon le chirugien, aurait succombé à une gangrène. Cependant, la chirurgie vasculaire, spécialité de David Nott, lui aura permis de réaliser cette prouesse dans une partie du corps très vascularisée. Le chirurgien a attribué sa performance à « la chance » : « J’étais là au bon moment et j’étais en mesure de le faire ».

David Nott consacre, depuis 16 ans, un mois, chaque année, à l’ONG française Médecins sans frontières. La performance du chirurgien britannique confirme que la télémédecine est une sérieuse option de santé publique pour l’Afrique. Altruisme, technologie et médecine, un trio salvateur pour les populations du Nord-Kivu qui en ont bien besoin.