Open d’Australie 2008, 1er Tour : Jo-Wilfried Tsonga, l’exploit

De père congolais et de mère française, Jo-Wilfried TSONGA vient de signer une de ses plus belles victoires dans un tournoi du grand Chelem en créant la sensation dès le 1er tour de l’Open d’Australie. Au bout de plus de 3h d’un intense combat en quatre sets 7-5, 6-4, 0-6, 7-6 (7/5), Jo-Wilfried vient à bout du jeune prodige du tennis britannique, Andy MURRAY, no. 9 mondial, dont la victoire récente à Doha faisait de lui l’un des principaux challengers au titre.

Dès les premiers jeux, en adoptant une tactique offensive, usant de son puissant service et d’un gros coup droit, Tsonga mène et déstabilise le britannique. Agrémenté d’une féroce volonté d’aller de l’avant, il prend le filet d’assaut et trouve ainsi les clés de la réussite durant les deux premiers sets. Même si au moment de conclure dans le premier à 5-4, il coince, il dérobe la mise en jeu de son adversaire pour finalement emporter ces 2 sets 7-5, 6-4.

Le troisième set prend une toute autre tournure, fatigué par l’intensité du début du match Tsonga abandonne totalement son jeu offensif et le britannique l’emporte aisément 6-0 ! A la fin du match, Tsonga reconnaîtra « J’étais fatigué, donc j’ai laissé filer le troisième avant de m’accrocher dans le quatrième et ça marché ».
Après ce passage à vide, débute le 4ème set, retrouvant des ressources Jo s’accroche, mais ce n’est pas sans compter sur le regain de confiance de Murray après sa domination sans conteste dans le 3ème set, qui ne va rien lâcher.
Le spectacle revit avec la saveur d’un bras de fer intense où l’offensive est le maître mot, nourrie de montées au filet, de rebondissements et de coups improbables décochés en bout de course. Au bout du suspense, les deux hommes se retrouvent au jeu décisif. A l’image du match, ce dernier jeu est très serré, et Tsonga à la 2ème balle de match, lâchant sa puissance, pousse une fois encore Murray à la faute et c’est la libération.
Tombant à la renverse, index pointés vers le ciel, Jo savoure, avant de se relever et d’aller serrer la main de son adversaire. A ce moment, tout le public du central ovationne « Monsieur Jo », un joueur qui impose le respect autant qu’il amuse les spectateurs.

Après cette très belle prestation, à 22ans, c’est enfin l’éclosion de la carrière de cet athlète très puissant (1.87m, 90kg), jusqu’alors fortement perturbée par nombre de blessures. Il s’était révélé il y a quelques mois en atteignant les 8èmes de finale du tournoi de Wimbledon et en débutant bien cette année au tournoi d’Adélaïde, où il disputa les demi-finales après avoir vaincu Lleyton Hewitt, sur ses terres.

Au prochain tour, Jo rencontrera un adversaire de moindre envergure que Murray, l’Argentin Juan Pablo Brzezicki ou l’Américain Sam Warburg.