
Une série d’attaques coordonnées menées par des hommes armés dans l’État de Sokoto, au nord-ouest du Nigeria, a provoqué un nouvel exode de populations. Entre villages incendiés, pillages, vols de bétail et assassinats, des dizaines de familles ont été contraintes de fuir vers la ville de Tambuwal.
La crise sécuritaire qui frappe le nord-ouest du Nigeria continue de s’aggraver. Dans l’État de Sokoto, plusieurs communautés de la zone de gouvernem22ent local de Tambuwal ont été la cible d’attaques simultanées perpétrées par des hommes lourdement armés.
Les assaillants ont pris d’assaut plusieurs villages, ont tué des habitants et blessé plusieurs personnes par balles. Ils ont également pillé des maisons et des commerces avant de repartir avec des centaines de têtes de bétail, principale source de revenus de nombreuses familles rurales.
Face à cette situation, des dizaines de familles ont abandonné leurs habitations pour trouver refuge dans la ville de Tambuwal, où affluent depuis plusieurs jours des femmes, des enfants et des personnes âgées ayant tout perdu.
« Nous avons été chassés de nos maisons »
Parmi les rescapés figure Malam Bello, un agriculteur ayant échappé de justesse à une attaque dans le village de Baguda. Dans une vidéo relayée par des médias locaux, il raconte avoir croisé les hommes armés alors qu’ils conduisaient un important troupeau de bétail volé.
« Ils ont pointé leurs armes sur moi. J’ai imploré leur pitié avant de profiter d’un moment d’inattention pour me réfugier dans un champ de mil », explique-t-il.
Selon son récit, les assaillants ont ensuite poursuivi leur expédition punitive en attaquant plusieurs localités, notamment Unguwar Lalle, Maradu, Gidan Kaya, Lukkingo, Kalgo, Gozama et Jaaja.
Dans chacune de ces communautés, le scénario aurait été le même, pillages systématiques, vol du bétail, destruction des réserves alimentaires et des biens de valeur. « Ils emportaient tout ce qu’ils trouvaient. Même les réserves de nourriture n’ont pas été épargnées », affirme le survivant.
Des villages désertés
Les attaques ont également fait plusieurs victimes. Selon Malam Bello, un habitant de Kalgo Babba aurait été tué par les assaillants, tandis que d’autres personnes auraient perdu la vie dans les villages de Maradu et des environs. Plusieurs habitants, dont une femme âgée, ont également été blessés par balle.
Les violences ont provoqué un déplacement massif des populations. Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent des habitants arrivant à Tambuwal à moto ou à pied, transportant quelques effets personnels. Femmes et enfants fuient des villages désormais désertés, tandis que des troupeaux errent sans propriétaire dans la brousse.
« Nous vivons désormais dans la brousse avec notre bétail. Nous avons été chassés de nos maisons », témoigne Malam Bello.
« Nous supplions le gouvernement de nous venir en aide »
Face à cette nouvelle flambée de violences, les habitants demandent une intervention rapide des autorités nigérianes.
Ils réclament un renforcement du dispositif sécuritaire afin de permettre le retour des populations déplacées et de mettre fin aux incursions répétées des groupes armés qui terrorisent les communautés rurales.
« Nous supplions le gouvernement de nous venir en aide. Nous avons besoin de sécurité, d’abris et d’une assistance humanitaire », lance le rescapé.
Depuis plusieurs années, les États du nord-ouest du Nigeria, notamment Sokoto, Zamfara, Katsina et Kaduna, sont confrontés à des attaques récurrentes de groupes criminels lourdement armés, souvent qualifiés localement de « bandits ». Ces groupes multiplient les enlèvements contre rançon, les vols de bétail, les pillages et les attaques contre les villages.




