Les ambitions titanesques de Tiomine Resources

La compagnie canadienne se lance dans un projet test d’exploitation du titane kenyan. Interview du vice-président de Tiomine Resources, Matthew Edler.

La compagnie canadienne Tiomine Resources Incorporated (TRI) s’apprête à exploiter la mine de titane de Kwale. Ce projet minier est le plus grand qu’ait connu le Kenya depuis son indépendance. Une première étape d’un projet plus vaste qui pourrait s’élever à 1, 5 milliard de dollars.

Afrik : Quel sera l’impact de l’exploitation de la mine de Kwale sur l’économie et l’emploi ?

Matthew Edler : Le projet nécessite un investissement qui va de 130 à 140 millions de dollars. Pendant la première année, nécessaire à la mise en place des infrastructures, environ 1000 personnes vont être salariées. Puis, pour l’exploitation proprement dite, à peu près 200 personnes seront employées sur le site. A cela, il faut ajouter les 800 à 1500 emplois indirects qu’engendrera l’exploitation.

Nous voulons, par notre implantation, développer l’économie locale. La Tiomine payera aussi des royalties à l’Etat kenyan.

Afrik : La Tiomine Resources a d’autres projets miniers au Kenya. Qu’en est-il exactement ?

M E : Kwale est un projet test. Il s’agit en fait du plus petit des quatre projets d’exploitation que nous avons au Kenya. L’exploitation de Kwale ne devrait durer que 14 ans. Les trois autres projets nécessiteraient des investissements allant de 400 à 500 millions de dollars chacun. L’exploitation de ces mines devrait durer bien plus longtemps, entre 30 et 40 ans. C’est un autre ordre de grandeur !

Notre objectif est de développer l’industrie du titane sur une large échelle au Kenya. Il y a eu très peu d’investissements dans ce pays. En Tanzanie, pays frontalier, le secteur minier fournit près de 70% du PNB…

Afrik : Le projet d’exploitation de la mine de Kwale, à 60 km du port de Mombasa, suscite la controverse au Kenya sur son impact environnemental et humain. Cette controverse ne risque-t-elle pas de retarder l’exploitation de la mine ?

M. E. : Il nous faut tout d’abord obtenir les licences nécessaires à l’exploitation : la licence environnementale et la licence d’exploitation de la mine. Cela prend du temps. Aujourd’hui, nous ne sommes qu’à mi-chemin de la validation environnementale. La compagnie a rendu le rapport EIA [Environmental impact assessment, évaluation sur l’impact environnemental, Ndlr] le 28 avril dernier.

Il y a toujours des effets négatifs dans ce type de projet. Tout ce que nous cherchons à faire, c’est minimiser les impacts négatifs et maximiser les impacts positifs.

Il est normal que l’évaluation EIA suscite le débat. Nous avons porté l’évaluation au gouvernement, mais aussi dans les régions concernées pour écouter les gens. Le processus EIA a été fait pour cela. Le gouvernement va désormais rassembler les critiques. La Tiomine Resources espère obtenir tous les feux verts pour Kwale avant la fin de cette année.