« Légalisation du cannabis » : que reproche l’Algérie au Maroc ?


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Le roi Mohammed VI et le Président Abdelmadjid Tebboune
Le roi Mohammed VI et le Président Abdelmadjid Tebboune

L’Algérie surveille de prêt la vie politique marocaine. En plus de faire du conflit du Sahara Occidental son affaire personnelle, le pouvoir algérien ne ménage point le royaume chérifien. Les médias officiels ou proches du gouvernement Abdelmadjid Tebboune continuent leur campagne visant le pays du roi Mohammed VI. Cette fois, le projet de loi pour la légalisation du cannabis à usage thérapeutique est dans le viseur du voisin algérien.

Le gouvernement algérien dirigé par Abdelmadjid Tebboune continue sa campagne médiatique contre le Maroc. Après avoir promu la thèse du Front Polisario et publié ses allégations concernant ce qu’il qualifie de « guerre » au Sahara Occidental, les médias officiels tentent d’exploiter le débat sur le projet de loi présenté par le ministre algérien de l’Intérieur et relatif aux usages autorisés du cannabis, pour accuser le Maroc de tenter de « légaliser le trafic de drogue ».

Le site officiel de la Radio algérienne a ainsi fait le lien, dans un long article, entre le projet de loi et l’évolution de la question du Sahara Occidental, accusant le gouvernement marocain de « couvrir son déficit économique dû à la crise sanitaire et la seconde guerre du Sahara avec la légalisation de la drogue ». Ainsi, l’article attribue la décision marocaine à la « crise économique et sociale aggravée par la pandémie du nouveau Coronavirus et la fermeture des frontières algéro-marocaines », en plus de la « guerre qui fait rage » entre le Front Polisario et le Maroc.

« Face à la situation sociale dans laquelle le citoyen marocain est plongé, le gouvernement n’a trouvé aucun moyen de s’en sortir, à part adopter un commerce qu’il cherche à légaliser pour faire taire les voix exigeant une vie dans la dignité, et qui se sont intensifiées, comme à Fnideq et dans d’autres villes voisines », dénonce les dirigeants algériens.

Le journal Echourouk, connu pour sa proximité avec l’armée algérienne et dont la chaîne de télévision avait récemment diffusé une émission attentatoire à la personne du roi Mohammed VI, a publié un article titré « Les islamistes marocains légalisent la culture du cannabis dans leur pays ». « Ce qui suscite des soupçons, cette fois, est qu’un groupe dirigé par des « islamistes » entreprendra cette entreprise dangereuse, qui a commencé à être promue par certaines associations qui préconisent le haschich comme médicament », a écrit le média.

« Depuis quelque temps, le Maroc recherche un texte juridique qui lui permette d’autoriser le commerce de la drogue, sous prétexte d’« usage médical », et il est promu à cet effet par le biais de la Coalition marocaine pour l’usage médical et industriel du cannabis », dénonce Echourouk.

À noter que le projet de loi proposé par le ministère marocain de l’Intérieur confirme que cette étape est conforme au droit international, qui autorise l’utilisation de la plante du cannabis à des fins médicales et industrielles. Le projet suit d’ailleurs « l’évolution du droit international, de l’interdiction de l’utilisation de la plante de marijuana à l’autorisation de son utilisation à des fins médicales et industrielles », sur la base « des avancées scientifiques qui ont montré ses avantages médicinaux ».

Pour rappel, le 2 décembre dernier, les 53 Etats membres de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) ont voté en faveur de la suppression du cannabis du tableau IV qui regroupe la catégorie des drogues soumises à un contrôle strict, conformément à la Convention unique de 1961, après une recommandation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour rendre plus accessible la recherche sur ses usages médicaux. Cette décision a bénéficié de 27 voix favorables, dont celle du Maroc, 25 voix contre, dont celle de l’Algérie et une abstention, l’Ukraine.

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