Le trafic d’enfants accoste au port de Cotonou

Un bateau nigérian suspecté de pratiquer le trafic d’enfants béninois et togolais est arrivé dans le port de Cotonou dans la nuit de lundi à mardi. Sur place, le mystère le dispute à la confusion.

Le bateau nigérian, Etireno, a accosté vers deux heures du matin pendant la nuit de lundi à mardi, au port de Cotonou. Il est suspecté d’achalander le trafic d’enfants qui sévit dans la région. 250 mineurs béninois et togolais ont en effet été frauduleusement embarqués en mars dernier au même port de Cotonou, pour servir comme domestiques au Gabon. Refoulés par les autorités de ce pays puis par celles du Cameroun, ils ont enfin accosté au Bénin.

Mais sur place, la situation demeure confuse. L’Etireno a livré sa  » marchandise  » aux ONG et à la Croix-Rouge béninoise. 147 passagers clandestins, dont quelques 23 enfants âgés de 5 à 14 ans et une vingtaine d’adolescents. Les autorités se seraient-elles trompées de bateau ? Possible. Les supputations vont bon train.

Pays pourvoyeurs, transitaires, récepteurs

Au ministère de la protection sociale du Bénin, on affirme qu’il est encore trop tôt pour tirer des conclusions car les passagers n’ont pas encore été interrogés. De son côté, l’Unicef évoque le pire au micro de la BBC :  » Le pire, ce serait que les enfants aient été jetés par-dessus bord « . L’heure est à l’attente.

L’Etireno n’est pas un cas isolé. En 1997, les autorités béninoises avaient découvert 400 enfants dans les cales d’un navire amarré au port de Cotonou et s’apprêtant à les emmener au Gabon. Le trafic d’enfants est monnaie courante en Afrique de l’Ouest et du Centre. Les pays dits pourvoyeurs sont le Bénin, le Burkina Faso, le Mali et le Togo. Les pays  » transitaires  » sont le Cameroun et la Guinée équatoriale, les pays dits récepteurs, la Côte d’Ivoire, le Gabon et le Nigeria. La force de travail des enfants y est exploitée dans de nombreux secteurs de l’économie informelle urbaine et rurale, ainsi que dans la sphère domestique.