La Zambie va prendre « une part importante » dans les mines

Le Président zambien, Edgar Lungu

Le Président zambien, Edgar Lungu, s’en est pris aux « investisseurs miniers qui crient au scandale » chaque fois que la Zambie cherchait à accroître sa part de sa richesse naturelle.

Le Président zambien, Edgar Lungu, a déclaré que son pays allait prendre une part importante dans certaines mines en dévoilant un plan de reprise économique pour le pays endetté. « Nous devons assumer une participation significative dans certains actifs miniers sélectionnés afin de créer une richesse suffisante pour la nation. Ce n’est pas une nationalisation des mines, au contraire, c’est l’État qui prend la majorité des parts dans certaines mines tout en permettant aux investisseurs privés de participer également au secteur », a-t-il déclaré.

« Nous ne tolérerons plus les investisseurs miniers qui cherchent à rôder dans nos ressources naturelles données par Dieu, nous laissant les mains vides », a averti Lungu. « Nous ne tolérerons plus les investisseurs miniers qui crient au scandale chaque fois que nous essayons de gagner quelque chose de nos mines grâce à de nouvelles mesures fiscales », a-t-il ajouté.

Le gouvernement zambien est enfermé dans un conflit prolongé avec Vedanta Resources, un conglomérat basé à Mumbai en Inde, au sujet d’une filiale, Konkola Copper Mines (KCM), qui est détenue conjointement avec la branche minière d’État de la Zambie. L’année dernière, le gouvernement a mis KCM en liquidation, une décision qui a été contestée par Vedanta, l’actionnaire majoritaire, et a conduit à des poursuites judiciaires.

Selon le Président zambien, le programme de relance 2020-2023 visait à aider l’économie après l’impact de la pandémie de Coronavirus. « Il cherche également à restaurer la stabilité macroéconomique, à atteindre la viabilité budgétaire et de la dette, et à sauvegarder la protection sociale », a-t-il déclaré.

Le programme a été dévoilé alors que la Zambie est en pourparlers avec le Fonds monétaire international (FMI) au sujet d’une demande de financement pour mener des réformes. Le FMI a déclaré à la Zambie, mercredi, que ses politiques « doivent être calibrées pour restaurer la durabilité tout en protégeant les plus vulnérables et en créant une croissance plus inclusive ». Une évaluation des options est prévue dans les semaines à venir.

Très dépendante du cuivre, dont le prix a été touché par la pandémie du Coronavirus, la Zambie a vu sa dette extérieure grimper à près de 12 milliards de dollars (plus de 6 422  milliards FCFA), cette année. En octobre, le pays a manqué un paiement clé dû sur les intérêts d’une obligation, ce qui a incité l’agence de notation S&P à déclarer le pays en défaut.

Un mois plus tard, une période de grâce a pris fin pour le paiement d’une Eurobond de 750 millions de dollars (401,3 milliards FCFA) qui devait expirer en 2022. Le non-respect de ses obligations pourrait le voir officiellement déclaré en défaut, devenant ainsi la première économie d’Afrique en grande difficulté pendant la pandémie du Coronavirus.