Inondations au Niger : 15 000 sinistrés, risque de famine

Plus de 15 000 personnes sont sinistrées après les fortes intempéries qui se sont abattues début novembre dans le sud-est du Niger. Selon les autorités locales et l’ONU, la situation pourrait s’empirer et le risque de famine est réel.

Les inondations du début du mois de novembre au Niger ont fait des ravages ! Plus de 15 000 personnes sont sinistrées après la survenue de ces fortes intempéries dans la région, ont indiqué lundi les autorités locales et l’ONU. « A la date du 29 novembre, une vingtaine de villages sont inondés faisant au total 2 123 ménages sinistrés, soit 15 086 personnes », dans la région de Diffa (sud-est), voisine du Nigeria et du Tchad, a indiqué le Bureau des Affaires humanitaires de l’ONU (Ocha) dans un bulletin publié lundi, à Niamey.

D’après l’organisation onusienne, les eaux ont également inondé des écoles et endommagé les routes entre le Niger et le Nigeria, paralysant le commerce entre les deux Etats. Ce qui a provoqué une hausse de 30% des prix de certains produits importés du Nigeria. Selon l’ONU, le niveau des eaux, qui est de 14 cm au-dessus du seuil d’alerte, menace une vingtaine d’autres villages. Les besoins des sinistrés sont évalués à près de 445 tonnes de céréales, 1 328 abris d’urgence et 25 puits d’eau potable.

Risque de famine

Pour le moment, le gouvernement nigérien a déjà distribué quelque 94 tonnes de vivres, alors que des ONG internationales ont fait des dons, notamment de tentes, selon les autorités locales. Or, la région de Diffa fait actuellement face à un important flux de réfugiés fuyant les affrontements en cours depuis mai entre armée et l’organisation terroriste Boko Haram dans le nord du Nigeria. Plus de 37 000 personnes ont ainsi trouvé refuge dans cette partie du Niger qui abrite des champs pétroliers, selon les estimations des Nations Unies.

L’ONU prévient que la situation pourrait davantage s’aggraver, puisque les « eaux ont détruit des champs de cultures. Ce qui risque d’aggraver la situation alimentaire des paysans locaux, déjà frappés en 2012 par une crise alimentaire due à un épisode de sécheresse et à une précédente crue de la Komadougou Yobé ».

Sans compter que le nombre de victimes de la crue de la Komadougou Yobé, une rivière prenant sa source au Nigeria voisin, est en forte augmentation. Un précédent bilan de l’ONU publié le 15 novembre faisait état de 5 412 sinistrés. « La situation pourrait s’empirer. Nous lançons un appel à toutes les bonnes volontés », a déclaré, pour sa part à l’AFP, Moussa Mohamed, un fonctionnaire.