Coupe du monde 2026 : au Bénin, l’élimination du Sénégal laisse un goût amer


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Coupe du monde 2026 : au Bénin, l'élimination du Sénégal laisse un goût amer
Photo illustrative

La remontée spectaculaire de la Belgique face au Sénégal (3-2 après prolongation), mercredi, en seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026, a été une grande désillusion pour de nombreux amateurs de football au Bénin. De Porto-Novo à Abomey-Calavi, en passant par Cotonou, l’élimination des Lions de la Teranga est vécue comme l’un des plus grands regrets africains depuis le début du tournoi.

Non qualifié pour cette Coupe du monde, le Bénin vit la compétition à travers les performances des représentants du continent. Dès le coup d’envoi du Mondial, de nombreux supporters béninois avaient choisi de soutenir les dix sélections africaines engagées, dans l’espoir de voir l’une d’elles écrire une nouvelle page de l’histoire du football africain.

Mais au fil des rencontres, les désillusions se sont accumulées. Après les éliminations de la République démocratique du Congo, de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique du Sud dès les seizièmes de finale, celle du Sénégal a été particulièrement difficile à accepter.

La raison est simple : les Lions tenaient leur qualification. Avec deux buts d’avance, ils semblaient avoir pris une sérieuse option sur les huitièmes de finale avant de subir une incroyable remontée belge conclue en prolongation.

« Le problème n’est pas le talent, mais la maîtrise des moments clés »

Selon les réactions recueillies par Afrik.com auprès de supporters béninois, beaucoup peinent encore à comprendre comment une équipe aussi expérimentée a pu laisser échapper un avantage aussi confortable. Dans les discussions qui ont animé les rues, les maquis et les espaces de retransmission à Cotonou, Porto-Novo ou Abomey-Calavi, les avis sont unanimes : le problème n’est pas le talent, mais la maîtrise des moments clés.

« Les équipes africaines sont compétitives dans le jeu, mais en difficulté dans la gestion des temps faibles. Elles sont incapables de conserver un avantage au score, surtout face à des adversaires européens expérimentés », a déclaré Nestor A., rencontré dans un maquis à Fifadji, dans le 9e arrondissement de Cotonou.

Pour Nestor, ce manque de maîtrise dans les dernières minutes des rencontres continue de coûter cher aux équipes du continent lors des grandes compétitions. « Les formations africaines doivent davantage faire preuve de sang-froid, de discipline tactique et d’efficacité dans la gestion des moments décisifs, face à des adversaires qui savent exploiter la moindre baisse de concentration », a renchéri Fidèle, un amoureux du cuir rond rencontré dans un point de rassemblement sportif à Abomey-Calavi, deuxième ville la plus peuplée du Bénin.

Le coaching de Pape Thiaw critiqué à Porto-Novo

À Porto-Novo, la capitale béninoise, c’est le coaching de l’entraîneur sénégalais Pape Thiaw qui a suscité le plus de frustration. « Pape Thiaw a manqué de discernement. Il n’aurait jamais dû effectuer de tels changements », a déclaré Wilfried, interrogé dans un maquis situé à quelques mètres de l’École normale supérieure (ENS).

« En voulant préserver son avantage, le sélectionneur a privé son équipe de sa capacité à conserver le ballon et à faire reculer la Belgique. Les Diables rouges ont alors retrouvé de l’espace, de la confiance et ont fini par renverser un match qui semblait perdu », a-t-il ajouté. « Je n’ai pas aimé les changements de Pape Thiaw. La défaite du Sénégal est venue de là », a fait savoir Abdoulaye, étudiant à l’ENS.

Le Maroc porte les espoirs de l’Afrique

Malgré la nouvelle désillusion, les supporters béninois refusent d’abandonner leurs espoirs. Ils gardent désormais les yeux tournés vers les sélections africaines qui n’ont pas encore disputé leur huitième de finale, notamment l’Algérie, le Ghana, le Cap-Vert et l’Égypte. Beaucoup souhaitent voir ces équipes tirer les leçons des éliminations déjà enregistrées et afficher davantage de réalisme pour prolonger la présence africaine dans le tournoi.

Le Maroc, déjà qualifié pour les quarts de finale, force l’admiration. Pour de nombreux Béninois, les Lions de l’Atlas incarnent aujourd’hui la référence du football africain sur la scène mondiale. Leur solidité défensive, leur discipline collective, leur efficacité dans les moments importants et leur capacité à préserver un résultat sont citées comme un modèle à suivre pour les autres représentants du continent.

Casimir Vodjo Kpenou
LIRE LA BIO
Vodjo Kpenou Casimir est un journaliste béninois basé à Cotonou, titulaire d'une licence en journalisme de l'Institut Universitaire Panafricain de Porto-Novo (2019). Il a forgé son expérience dans des rédactions web africaines. Engagé dans la lutte contre la désinformation, il est membre actif de l'African Fact-Checking Alliance et contributeur au réseau Wikipédia pour l'Afrique francophone.
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