Burkina Faso : objectif tourisme

Les autorités burkinabées veulent développer le tourisme dans leur pays. Dans ce cadre, elles ont annoncé la tenue du 2e Salon International du Tourisme et de l’Hôtellerie de Ouagadougou (Sitho), en octobre prochain.

Dans le cadre des Journées économiques du Burkina Faso à Paris (26 avril -1er mai), le tourisme a été mis à l’honneur. Mercredi, Mahamoudou Ouedraogo, le ministre burkinabé de la Culture, des Arts et du Tourisme, a annoncé la tenue du 2e Salon International du Tourisme et de l’Hôtellerie de Ouagadougou (Sitho). C’est la Maison du Peuple qui accueillera la manifestation, du 6 au 9 octobre prochains. Avec ses 200 000 km2 de paysages variés et l’hospitalité légendaire de ses habitants, le Burkina possède de nombreux atouts touristiques.

« Le Burkina se trouve au cœur de l’Afrique de l’Ouest », précise le ministre. « Au Nord du pays, il y a le désert, avec des dunes mouvantes, comme en Algérie, au Maroc ou en Tunisie. La région du Centre est portée par Ouagadougou, la capitale politique, qui draine de nombreux touristes d’affaires. Elle fait partie des 5 premières villes de la sous-région accueillant le plus grand nombre de rencontres et de conférences. L’Ouest est un bijou, avec la forêt, les grands fleuves, les pics, c’est une vraie découverte de la nature. Tandis que l’une des plus grandes réserves d’animaux sauvages de la région se trouve à l’Est. » Ainsi, la zone du centre offre un produit de tourisme d’affaires et de congrès, la zone de l’Ouest, un tourisme de découverte et de villégiature, la zone du Sahel, un tourisme de randonnées et de circuits et la zone de l’Est, un tourisme cynégétique et de vision.

230 000 visiteurs

En 2004, le Burkina a accueilli un peu plus de 230 000 visiteurs, ce qui le place au 4e rang des destinations de tourisme en Afrique de l’Ouest après le Ghana, le Sénégal et le Nigeria. Les Français, et plus largement les Européens, fournissent le plus gros contingent de visiteurs mais le Burkina attire aussi une large clientèle en provenance des pays voisins, grâce à sa situation géographique de carrefour sous-régional. Le tourisme connaît dans le pays une croissance moyenne de 5,8% par an depuis 1994 et a rapporté l’année dernière 30 milliards de F cfa. Le pays compte 200 unités d’hébergement (d’une capacité d’accueil totale de 6 204 lits) dont la moitié se trouve à Ouagadougou, et 8 compagnies aériennes desservent régulièrement le pays.

Côté législatif, l’Assemblée nationale a voté une loi sur le tourisme et une structure chargée de surveiller le classement des hôtels et restaurants a été mise en place. Le 17 mai prochain, l’Assemblée doit voter la loi d’orientation du tourisme qui permettra d’enclencher une politique sur 5 ans et un investissement de 6 milliards de F cfa dans le réceptif (hôtels et campements à proximité des sites les plus touristiques). A noter aussi : l’entrée en vigueur de la Charte du tourisme, signée en 2004 par les professionnels du secteur et les autorités. Au 31 décembre 2003, 52 agences de voyages avaient obtenu une licence du ministère ; seules 5 d’entre elles sont implantées à Bobo Dioulasso, les autres sont basées à Ouagadougou.

Tourisme solidaire

Le Burkina peut s’enorgueillir d’avoir atteint ces résultats sans faire véritablement de publicité mais il reste malgré tout beaucoup à faire pour promouvoir la destination auprès des touristes étrangers. « Nous sommes un pays émergent en ce qui concerne le tourisme », indique le ministre. « Nous sommes en train de rattraper notre retard en communication et espérons atteindre le demi-million de visiteurs dans les prochaines années. Dans le domaine de la promotion, nous venons d’éditer une série de guides agrémentés de cartes pour les 4 régions touristiques. »

Autres problèmes : la durée moyenne des séjours des visiteurs est de 2 ou 3 jours, ce qui montre une prédominance du tourisme d’affaires et une déficience en matière de réceptif. « C’est vrai qu’il manque des réceptifs en dehors de Ouagadougou et cela joue sur la durée du séjour des touristes. En 2004, l’Etat a investi 300 millions de F cfa pour l’hébergement. Nous avons aussi créé il y a deux ans le Fonds de développement du tourisme pour construire des campements. Et nous allons faire des appels d’offres vers les privés », précise Mahamoudou Ouedraogo. A long terme, le Burkina espère attirer un tourisme de masse mais respectueux de l’environnement. Le pays cherche notamment à s’appuyer sur un tourisme solidaire (agro et éco-tourisme), qui trouve un écho favorable auprès des touristes européens.