Attention, rester assis trop longtemps menace le cœur !

Quelle que soit l’activité physique au travail, plus on passe de temps assis à la maison, plus le cœur s’altère et plus le risque d’insuffisance cardiaque augmente. C’est ce qu’indique une étude de grande envergure publiée ce mois-ci dans la revue internationale Circulation Heart Failure.

Le Pr Deborah Rohm Young et ses collègues du département de recherche du géant américain de l’assurance, Kaiser Permanente, suivent depuis une dizaine d’années un groupe de plus de 84 000 hommes, âgés de 45 à 69 ans et vivant en Californie.

Pour la première fois, une étude de ce type prend le critère de l’insuffisance cardiaque. Cette faiblesse du cœur est notamment responsable d’essoufflement à l’effort et induit un véritable cercle vicieux lorsqu’elle s’installe, car plus on est essoufflé à l’effort et moins l’on a tendance à faire des efforts ; or moins l’on fait d’effort, plus le muscle cardiaque s’affaiblit et plus l’insuffisance cardiaque s’aggrave.

Il y a tout juste un an, il avait montré l’extraordinaire diversité des profils d’activité physique, grâce à des capteurs sophistiqués qui permettaient de suivre minute par minute, pendant une semaine, la dépense énergétique de 100 hommes âgés en moyenne de 28 ans. Ainsi, sur les 41 individus ayant une dépense énergétique globale faible et qui auraient sans doute été classés comme sédentaires selon les critères habituels, seulement sept d’entre eux étaient réellement sédentaires de façon constante sur la journée.

Le Pr Young et ses collègues ont eu l’idée de diviser les groupes en fonction de la quantité d’activité physique intense pratiquée chaque semaine, d’une part, mais aussi selon le temps sédentaire, défini ici comme le nombre d’heures passées chaque jour assis devant un ordinateur, la télévision ou à lire un livre.

Et les résultats sont éloquents : sur une moyenne de huit années (la durée de l’étude), ceux qui passent plus de cinq heures par jour assis à la maison ont un risque d’insuffisance cardiaque accru de 34 % par rapport à ceux qui le font moins de deux heures par jour.