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RDC, Moïse Katumbi devant l’Atlantic Council : "Lutter pour la démocratie et l’alternance"

A l’occasion d’un déplacement à Washington, Moïse Katumbi, considéré comme la principale figure de l’opposition en RDC depuis le décès d’Etienne Tshisekedi, a répondu, ce jeudi 16 février 2017, aux questions de l’Atlantic Council, l’un des think tanks américains les plus influents. Il a notamment affirmé que sa place était en RDC, "pour lutter pour la démocratie et l’alternance". En voici les principaux extraits.

Il a évidemment abordé l’événement majeur survenu il y a quelques jours : le décès d’Etienne Tshisekedi :

«  Nous avons perdu un grand frère, un père, une icône. Etienne Tshisekedi avait une famille mais il appartenait à toute la population congolaise. Nous devons poursuivre sa lutte démocratique afin d’honorer sa mémoire et parvenir à la première alternance pacifique au Congo-Kinshasa.  »

Et a évoqué l’Accord Cenco de la Saint Sylvestre :

« Nous devons tout faire pour le mettre en œuvre. C’est la clé de la paix et de la stabilité dans notre pays. La majorité présidentielle tente de le bloquer par des manœuvres dilatoires. Mais sans cet accord signé le 31 décembre dernier, Joseph Kabila n’a plus aucune légitimité. C’est pourquoi il doit être appliqué au plus vite afin de normaliser la situation sur le plan institutionnel et d’aller le plus vite possible aux élections. Je le répète, il est indispensable de respecter l’accord Cenco car il est à la base de la légitimité des institutions qui sont toutes en fin de mandat.  »

Sur la nomination du futur Premier ministre ses propos ont été très nets :

« L’accord Cenco est très clair sur ce point : il parle d’un Premier ministre présenté par le Rassemblement de l’opposition et non d’une liste de candidats que le Président aurait le loisir de sélectionner ou non. Qui plus est, nous avons déjà un nom : celui que feu le Président Etienne Tshisekedi a lui-même désigné.  »

Une partie de l’entretien avec Moïse Katumbi peut être visionnée ici.

A la question lancinante du financement des élections, il a répondu en ces termes :

« Je ne suis pas d’accord avec ministre du budget. Les chiffres du financement des élections sont outrageusement gonflés. Nous avons eu besoin de 600 millions de dollars en 2006 et de 700 millions en 2011. La prochaine fois, nous ne devrions pas dépasser 800 millions de dollars. Nous sommes prêts à lancer une campagne pour demander aux Congolais de contribuer, même à hauteur d’un dollar par personne, pour participer au financement des élections. Nous sommes 80 millions. Cela représenterait donc déjà une partie de la somme nécessaire. En réalité, il s’agit d’un faux-débat. tout ceci n’est qu’un prétexte de la part de la Mouvance Présidentielle pour retarder à nouveau l’organisation des élections. On ne peut pas nous dire que la RDC manque d’argent pour les organiser. Le gouvernement doit être tenu pour responsable.  »

Abordant son retour au Congo :

« Je rentrerai bientôt en RDC. La condamnation qui m’a été infligée (dans le cadre d’une rocambolesque affaire d’expropriation immobilière) l’a été sur la base de faits imaginaires, purement fantaisistes. Chez nous, la Justice fonctionne. Le problème, c’est son instrumentalisation par le pouvoir politique. En l’espèce, c’est précisément ce qui s’est passé. Je sais, en ce qui me concerne, qu’il s’agit d’un montage politique. Mon dossier judiciaire est aujourd’hui entre les mains de la Cenco qui fait ses propres investigations. J’ai foi en la commission des évêques qui règle mon cas. Si les faits sont confirmés par la Cenco dans son rapport, j’accepterai d’aller en prison et j’exécuterai ma peine. Si je suis blanchi, en revanche, la condamnation doit être levée. Toutefois, j’espère bien rentrer en homme libre parce que ma condamnation est politique. Ma place n’est plus ni en Europe, ni aux Etats-Unis. Ma place est au Congo. Avec mes frères pour lutter pour la démocratie en RDC.  »

Concernant ses propres projets pour l’avenir :

«  Je suis candidat pour sortir mes compatriotes de la misère. Le Congo est un pays riche. Les Congolais sont un peuple pauvre. Ça n’est pas normal. A l’heure actuelle, la crise économique et sociale est énorme. La population souffre beaucoup. Au Katanga, j’avais laissé le sac de maïs à 9 dollars. Il coûte désormais 45 dollars. C’est pourquoi nous devons poursuivre la lutte pacifique de feu le Président Tshisekedi. Mon objectif à court terme est de ramener l’Etat de droit dans notre pays. A moyen terme, c’est de sortir les Congolais de la misère. C’est pour cela que je suis candidat. Et j’ai déjà un programme. Je vais donc revenir au Congo pour lutter pacifiquement avec mes frères afin d’abord de leur offrir la première alternance, puis de les sortir de la misère. En attendant, nous devons suivre la volonté du peuple. Autrement dit, appliquer l’accord et nommer le Premier ministre avant l’enterrement d’Etienne Tshisekedi.  »



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