Maroc : des cours inédits de théologie chrétienne


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Pour la première fois au Maroc, les étudiants de confession chrétienne vont pouvoir suivre des cours sur l’histoire de l’Eglise. Les Africains d’origine subsaharienne sont les premiers concernés par ce nouveau cursus.

Inédit au Maroc. Un cours sur l’histoire de l’Eglise sera dispensé au royaume chérifien. En attendant l’ouverture en juillet 2013 de l’institut « Al Mowafaqa » (Convergence, ndlr) qui dispensera ces cours en théologie chrétienne, le centre de documentation et de recherche « La Source », rattaché au diocèse de Rabat, assurera cette formation universitaire. « C’est la première fois que des étudiants catholiques et protestants suivent des cours communs dans une même salle, au Maroc, un pays musulman », s’est félicité auprès de l’AFP le père Vincent Landel.

L’évêque de Rabat a mené ce projet en coopération avec l’Institut catholique de Paris et de la faculté de théologie protestante de Strasbourg, en France.

Trois profils d’étudiants

Les étudiants volontaires, catholiques ou protestants, pourront s’engager au service de l’Eglise pour quelques années. En échange d’un travail à mi-temps dans un service ou une paroisse, l’étudiant recevra une bourse de l’institut. En parallèle, il suivra une formation théologique « conduisant à l’obtention d’un diplôme universitaire reconnu », indique le site internet du diocèse de Rabat.

Cette nouvelle formation théologique s’adresse également à des chrétiens soucieux d’approfondir leur connaissance de l’Eglise. Ils pourront suivre le cursus à leur propre rythme et obtenir des crédits universitaires. La finalité est l’obtention d’un diplôme de théologie. Cette alternative conviendra aux étudiants qui poursuivent d’autres études au Maroc ou aux personnes déjà engagées dans la vie professionnelle. Elle s’adresse également aux travailleurs religieux souhaitant approfondir leur connaissance dans un domaine spécifique.

Enfin, Al Mowafaqa permet à des étudiants en théologie basés en dehors du pays de venir en immersion le temps d’un trimestre afin d’obtenir un « certificat Al Mowafaqa – Dialogue des cultures et des religions ».

Une première session de cours a déjà été inaugurée au centre de documentation et recherche à Rabat. Et comme toute inscription universitaire, des droits d’inscription seront demandés !

Des étudiants africains

Pour l’heure, les étudiants sont surtout issus des communautés africaines subsahariennes, dont des Malgaches. D’ailleurs, le conseil d’administration est lui-même composé d’enseignants de plusieurs nationalités : Cameroun, France, Liban, Congo…

L’ouverture de ce centre répond à la présence croissante de chrétiens au Maroc, au moins 30 000. Cette augmentation s’explique notamment par l’arrivée massive d’étudiants subsahariens.

Cette nouvelle filière doit permettre de former de futurs « cadres et leaders » des Eglises, assistants de paroisse, animateurs de communautés et futurs pasteurs, selon ses initiateurs.

Des conditions bien définies

Toutefois, les règles d’admissions sont claires : être chrétiens, avoir le baccalauréat et… ne pas être Marocain ! En effet, la loi ne permet pas aux Marocains de confessions musulmanes de suivre un tel cursus. Elle interdit d’ailleurs de renier sa religion au profit d’une autre. Hormis les juifs et les chrétiens du Maroc, pendant le mois de Ramadan, tout marocain pris en train de consommer de la nourriture est passible d’une amende de prison ferme.

La règle va dans les deux sens. Toute personne suspectée de prosélytisme peut être emprisonnée. D’après le code pénal marocain, « quiconque emploie des moyens de séduction dans le but d’ébranler la foi d’un musulman ou de le convertir à une autre religion » est passible de six mois à trois ans de prison.

Pour éviter toute polémique, le directeur de l’institut, Bernard Coyault, a indiqué qu’un cours intitulé « Connaître l’islam » sera dispensé par un professeur marocain.

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