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Etats généraux de la Communication : coup d’envoi
18 ans après les premiers états généraux de la communication au Cameroun, de nombreuses résolutions sont restées dans les tiroirs des décideurs, face à un secteur en constante perte de valeur. La tenue d’un second rendez-vous suscite pourtant de nombreuses attentes.

Du 5 au 7 décembre, se tiennent à Yaoundé les Etats généraux de la communication. Ils ont été solennellement ouverts en présence de 25 membres du gouvernement, dans un Palais des Congrès de Yaoundé absolument bondé, signe que l’appel d’une organisation syndicale de journalistes à bouder l’événement n’avait pas vraiment fait recette.

Des discours inauguraux, il faut sans doute retenir les paroles fortes du vice-premier Ministre et du Ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary (notre photo), unis dans la volonté de donner aux divers métiers de la communication, du journalisme de presse écrite à la publicité en passant par la câblo-distribution ou le développement de la presse sur Internet de nouveaux cadres législatifs. Avec un but clair : aider chacun de ces secteurs à structurer une économie viable, afin d’échapper aux dérives de nombreux titres actuels. Ce que Hervé Bourges allait synthétiser d’une formule : "ni griots serviles, ni détracteurs stériles".

L’immarcescible Jacques Fame Ndongo

Le responsable scientifique du Colloque, le Professeur Jacques Fame Ndongo, Ministre de l’Enseignement supérieur du Cameroun, ancien Ministre de la Communication, ancien élève de l’Ecole supérieure de Journalisme de Lille, allait justement appeler tous les confrères et consoeurs présents aux Etats généraux à "libérer leur parole et à innover pour proposer de nouvelles voies de développement pour les Médias donc pour l’économie camerounaise. Les Médias" doivent être à ses yeux des vecteurs "de l’émergence..."

Certains ne manquent pas de sourire, 18 ans après la tenue des premiers Etats-Généraux dont le Rapporteur fut... le même Jacques Fame Ndongo.... Et dont les fruits tardent encore à se faire voir... Organisés du 28 aout au 1er septembre 1994, les premiers Etats généraux de la communication du Cameroun indépendant étaient organisés dans un contexte marqué par l’apparition des premiers titres privés du Cameroun, favorisée par la loi du 19 décembre 1990 relative à la liberté de la communication.

Parmi les resolutions les plus significatives adoptées lors de ces travaux, la suppression de la censure administrative, la mise en place de mesures fiscales, postales ou autres, susceptibles de réduire les charges des entreprises de presse, et l’incitation des organisations et des entreprises à investir dans la publicité par des mesures préférentielles. Tout ceci devait permettre de donner un souffle nouveau à la presse camerounaise. Au final seulement quelques mesures avaient été appliquées, notamment la suppression de la censure administrative. Et par la suite plus rien.

Pourtant 18 ans après les problématiques ont changé : avec la floraison des titres, des entreprises audiovisuelles, et l’arrivée d’Internet, a presse camerounaise a un tout autre visage. La corruption y a fait son nid, et les conditions de travail se sont complètement dégradées... On assiste même à l’apparition d’une forme de presse dite "à gages". La tenue de ce deuxième grand rendez-vous des professionnels de la communication est donc perçue par les vrais hommes de médias comme une occasion de remettre les pendules à l’heure, qui pourrait apporter une solution à tous ces maux.

Encore des espoirs………

Pour Blanche Salamatou, cyber-journaliste « les Etats généraux de la communication doivent permettre au cyber journalisme de se faire une place au sein de l’espace médiatique camerounais. Figurez-vous, dans l’aide que l’on accorde à la presse privée, l’on tient rarement compte des sites d’informations, pourtant ce sont aussi des supports de communication qui contribuent à la promotion de l’image du pays  »

Dans un autre registre, Celvistre espère voir ressortir de ces Etats généraux de Yaoundé une nouvelle organisation de la profession. « Au Cameroun tout le monde peut devenir journaliste. Ce qui nous amène à recevoir dans la profession, toute qualité de personnes, d’où de nombreuses dérives observées. A mon avis l’on ne doit reconnaitre le titre de journaliste qu’à un professionnel issue d’une école de formation ou alors un diplomé de l’enseignement supérieur qui a fait ses preuves au sein d’un organe de presse crédible » Fait-il savoir.

Pendant 3 jours de nombreux professionnels de la communication venus du monde entier et subdivisés en 7 ateliers de travail tenteront donc d’apporter une ébauche de solution à ces préoccupations, question d’offrir une seconde vie aux médias camerounais....


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