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Egypte : la politique du bikini et de l’alcool
Une plage d’Alexandrie, en Egypte, le 7 août 2009 | ©Reuters/Asmaa Waguih

Le ministre égyptien du Tourisme, Hicham Zaazou, en visite à Dubaï, a souligné les difficultés à faire revenir les touristes en Egypte. Dans l’attente d’une politique claire, le ministre table sur deux arguments particulièrement aguicheurs pour changer la donne : le libre accès dans l’Egypte des Frères musulmans au bikini et à l’alcool…

Les bikinis et l’alcool sont les bienvenus en Egypte ! Le message du ministre du Tourisme, Hisham Zaazou, un indépendant, est on ne peut plus clair. Le pays a besoin de relancer la machine économique du tourisme. Lors d’une conférence de presse à Dubaï, Hisham Zaazou a précisé que le gouvernement du président Mohamed Morsi tablait sur une hausse d’au moins 20% du nombre de touristes en 2013. Et pour cela, le gouvernement aguiche le public à base de bikinis et d’alcool, deux ennemis des Frères musulmans au pouvoir dans le pays.

Selon le ministre du Tourisme, les salafistes égyptiens, hormis quelques exceptions, ont « désormais compris l’importance du secteur du tourisme (pour l’Egypte) ». Le gouvernement avait relevé les taxes sur l’alcool en décembre dernier, provoquant la colère des professionnels. Une décision qui, avant que le gouvernement ne revienne dessus, plombait un peu plus le secteur du tourisme en Egypte déjà bien en berne depuis la « révolution du Nil ».

Opération 30 millions de touristes

Avant que les Egyptiens n’éjectent Hosni Moubarak du trône présidentiel en février 2011, le tourisme représentait plus d’un dixième de l’économie locale. En 2010, le pays avait accueilli 14,7 millions de touristes, générant 12,5 milliards de dollars de revenus. L’année suivante, ces chiffres tombaient à 9,8 millions de visiteurs pour un chiffre d’affaires de 8,8 milliards de dollars. Les visites ont quelque peu augmentés en 2012 avec la venue de 11,5 millions de touristes générant une dizaine de milliards dollars de ressources. Le gouvernement mise donc sur le bikini et l’alcool pour redorer son blason auprès des visiteurs. A long terme, l’Egypte table sur 30 millions de visiteurs et 25 milliards de dollars de revenus d’ici à 2022.

Jusqu’en 2011, le tourisme représentait la ressource principale de devises du pays. Désormais, ce sont les transferts d’argent des migrants égyptiens qui représentent la première rente du pays. Les trésors archéologiques de Louxor souffrent de l’absence des visiteurs. Une absence toutefois palliée par la présence des touristes russes sur les plages du sud. Mais cela reste insuffisant. Pas plus tard qu’en 2010, les bateaux de croisière transportaient entre 80 et 100 touristes dans la vallée du Nil. Désormais, ils ne sont plus qu’une poignée par bateau, entre 10 et 40 touristes. Même les offres des tours opérateurs qui proposent des pensions complètes 5 étoiles à des prix bradés (499 euros) ne convainquent pas. Pourtant, la vallée du Nil est calme. La région est épargnée par les manifestations sporadiques comme au Caire ou à Alexandrie.

L’Egypte traverse toujours une phase d’instabilité. Le marathon électoral, à l’approche des élections législatives, ne laissent que très peu de temps pour relever l’économie du tourisme. Les mots magiques « bikini » et « alcool » devraient quelque peu encourager les touristes à franchir le cap, en attendant que de réelles mesures pour sauver le secteur touristique en Egypte soient mises en place.


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