23 octobre 2014 / Mis à jour à 08:49 - Paris  Newsletter  Alertes e-mail  English edition  Flux
dossier : Fima 2005

Cameroun - Niger - Nigeria - Rwanda
Stylisme : la nouvelle garde africaine illumine le Fima
Anggy Haïf remporte le concours « L’Afrique est à la mode ». Plus que les grands créateurs traditionnels, la jeune garde de stylistes africains a éblouit le 5è Fima de son talent. Les festivaliers n’ont eu que l’embarras du choix entre les tenues « ethniques » à base de calebasses du Camerounais Anggy Haïf, vainqueur du concours « L’Afrique est à la mode », les robes pour fêtardes délurées de la créatrice mozambicaine Asha ou celles, plus glamour, du Rwandais Bill Ruterana.

« L’Afrique est à la mode », Anggy Haïf aussi. Pour la première fois, un concours mettant aux prises les meilleurs jeunes stylistes africains a été organisé par l’Agence française d’action artistique (Afaa) dans le cadre du Festival international de la mode africaine (Fima). Au final, dix créateurs sélectionnés dans autant de pays ont fait étalage de leur savoir-faire durant trois jours où ils ont irradié le festival de leur talent, éclipsant presque celui des créateurs traditionnels. Un savoir-faire qu’ils ont mis en commun pour créer à dix une robe présentée lors de leur défilé de clôture. Mais comme il fallait un gagnant, le jury, composé de stylistes européens, du couturier malien Xuly Bët et du Nigérien Alphadi, a décerné le Fil d’Or au Camerounais Hanggy Haïf, le Fil d’Argent au Nigérian Joseph Adebayo Adegbe, dit Modela Couture, et le Fil de bronze au Rwandais Bill Ruterana. Les trois prix étaient respectivement dotés de 5 000, 3 000 et 2 000 euros, les deux premiers combinés avec des stages de trois et un mois dans une grande maison parisienne.

« Wake up Africa »

La spectaculaire collection d’Anggy Haïf, très applaudie par les festivaliers durant les défilés, a également impressionné les membres du jury. Le Camerounais, déjà Cheich d’Or lors du Fima 2003, a fait de ses modèles de véritables Amazones en les habillant de la tête aux pieds de calebasses, parfois à peine taillées, de raphia et de toile de jute. Un parti pris « ethnique », sans ajouts de matériaux contemporains, qui a produit une collection tout ce qu’il y a de plus moderne. Pour atteindre cette contemporanéité, Joseph Adebayo Adegbe, dit Modela Couture, travaille le raphia et le jute en l’associant au coton, au cuir ou au nylon. Des stylistes africains pour des collections... internationales.

« Jean Paul Gaultier s’inspire depuis des années de l’Afrique dans ses collections », rappelle sur scène le très engagé Fil d’Argent Modela Couture, auteur de robes baptisées « Save the little lion » ou « Wake up Africa ». Bill Ruterana aussi utilise les fibres végétales ainsi que les tissus traditionnels, auxquels il adjoint des éléments de récupération, pour concevoir des tenues proches de pièces d’art débordantes de couleurs, la fonction vêtement à peine visible. Sa robe à base de raphia teint, seule pièce d’une collection perdue par une compagnie aérienne, a provoqué les "olé" des festivaliers.

Prix spécial pour Xenson

Samson Ssenkeba aussi avait fait des vêtements à base de calebasses. « Mais quand j’ai vu qu’Anggy utilisait largement ces matériaux, j’ai changé ma collection », précise Xenson, qui explique faire de la couture en l’associant à des performances scéniques. Il est venu avec une collection qui a dérouté le jury au point qu’il a créé un prix spécial, sans dotation, rien que pour lui. Pour exprimer l’enfermement, sous toutes ses formes, celui que l’on nous inflige ou celui que l’on s’impose, ses modèles sont enveloppés dans un tissu traditionnel venu d’Ouganda, le « Barckloth », réalisé à base d’écorces de l’arbre Mutuba. Cousus à l’intérieur, à l’horizontale ou à la verticale, autour du cou ou dans le dos, de longues branches de bambous entravent leur marche.

« L’Afrique est à la mode », c’est aussi la bande de fêtardes de la Mozambicaine Asha, péruquées et délurées dans leurs robes courtes. C’est le Nigérien Sambo Style, convaincu de pouvoir faire porter le pagne dans les capitales occidentales. C’est le Sénégalais Cheikha, la Burkinabé Martine Somé, l’Ethiopien Mohammed Osman et le Zimbabwéen Ratisai, qu’Afrik vous fera prochainement découvrir dans un diaporama.

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