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France - Guinée - Commerce - Justice - Transport
Port de Conakry : Getma/Necotrans n’a pas dit son dernier mot

Après la résiliation de son contrat de concession, le groupe n’exclut pas des poursuites judiciaires. Alpha Condé, le président de la Guinée, a résilié mardi la convention de concession du port de Conakry qui liait le port de Conakry au groupe français Getma/Necotrans. Le concessionnaire évincé soupçonne l’influence du groupe Bolloré qui lorgnerait le contrat, et prépare sa contre-attaque.

En se présentant sur leur lieu de travail de Conakry mercredi matin, les 400 salariés du groupes Getma/Necotrans ont été accueillis par les agents de sécurité, en armes, du port de Conakry. Le matériel, les locaux et même les salariés du groupe sont désormais réquisitionnés par le port autonome. Après plusieurs semaines de doutes, les rumeurs d’éviction de Getma/Necotrans se sont confirmées. Alpha Condé, le Président guinéen, a émis mercredi un décret a effet immédiat et sans préavis prononçant la résiliation du contrat de concession du 22 septembre 2008. C’est la première décision d’importance prise par le nouveau président, par rapport à une grande entreprise étrangère établie en Guinée depuis son élection en novembre.

Recours en justice

Seulement trois ans après l’obtention du marché et avec déjà un investissement de 31 millions d’euros sur les 120 millions prévus, Getma/Necotrans ne comprend pas cette décision « unilatérale » que Conakry justifie par le manque du résultats du groupe français (lire enquête). « Le caractère brutal de cette décision n’est pas en accord avec la justice commerciale internationale » commente Grégory Querel, le secrétaire Général de NTC Necotrans. « Si des manquements ont été constatés, nous devons en être notifiés. Nous avons alors un délai de 6 mois pour nous mettre en conformité. C’est seulement si ce délai n’est pas respecté qu’une procédure de résiliation peut être déclenchée » ajoute-t-il. Getma/Necotrans n’écarte pas l’hypothèse d’une poursuite judiciaire. « Nous sommes en train de collecter toutes les informations de nos équipes sur place avant de prendre une décision. Notre première préoccupation pour le moment est de récupérer notre matériel et nos bureaux » explique Grégory Querel. La concession du terminal à conteneurs du port de Conakry avait été attribuée à la société française Getma/Necotrans, en septembre 2008, quelques mois avant la mort du général-président Lansana Conté. Cette convention prévoyait que NCT Necotrans, une filiale de Getma, gérerait le terminal pendant 25 ans. Mais le contrat avait déjà été suspendue en janvier 2009 pendant un an, par la junte de Moussa Dadis Camara qui avait pris le pouvoir après la mort de Conté.

La main mise de Bolloré ?

Cet évincement brutal et spontané qu’a subi Getma/Necotrans cette semaine pourrait confirmer les soupçons portés sur le groupe Bolloré par Getma/Necotrans. L’autre armateur français était arrivé deuxième de l’appel d’offre du port autonome de Conakry et porterait un intérêt nouveau sur l’infrastructure depuis l’arrivée du nouveau président Condé, comme le confirme la Lettre du Continent en date du 10 mars. « Nous avons de nouveaux éléments qui pourraient confirmer l’influence de Bolloré dans cette décision » déclare Grégory Querel, sans vouloir en dire plus pour le moment.

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- Bataille pour le contrôle du port de Conakry


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