Zambie : la corruption face à Dieu

Selon le quotidien zambien  » Daily Mail « , le président Chiluba a exprimé au cours d’une messe dimanche dernier à Lusaka son soutien aux prêtres qui critiquaient certains membres corrompus du gouvernement.

 » Il n’y a rien de mal à ce que l’église attaque des leaders politiques corrompus « . Le président Chiluba fait ainsi taire les membres du gouvernement incriminées par les prêtres pour leurs éventuelles entorses à la loi. Appartenir au parti politique au pouvoir, le Mouvement pour la Démocratie Multipartite (MMD), ne procure aucun passe droit. Et les personnes montrées du doigt par les religieux ne doivent pas publiquement prendre ombrage dans la presse des allégations pesant à leur égard.

Une logique vertueuse

« Si vous êtes corrompus et que l’église parle contre vous, elle a le droit de le faire parce qu’elle nous guide dans un esprit d’intégrité « . En pleine homélie le président Chiluba enfonce le clou de la liberté accordée aux prêtres d’être les censeurs moraux du pays. Leur vigilance peut s’exercer sans contrainte. Elle serait selon le numéro un zambien une belle preuve de démocratie. Une démocratie que les leaders de l’opposition, selon le Daily Mail, qualifient de partielle mais que le chef de l’état conçoit comme un long processus à jamais terminé.

Toujours est-il qu’en politique les brebis galeuses peuvent trembler. Avec la bénédiction du président, l’église zambienne veille à séparer le bon grain de l’ivraie.