Une loi anti-pornographie pour combattre l’homosexualité

L’Ouganda s’apprête à introduire une loi contre l’utilisation de la pornographie dans les médias locaux. Le ministre pour l’éthique et l’intégrité, le Dr James Nsaba Buturo, a souligné que le mouvement visait également à réduire l’homosexualité.

S’adressant à la presse à Kampala, le ministre ougandais pour l’éthique et l’intégrité, le Dr James Nsaba Buturo a déclaré mercredi que la pornographie était la mère des vices et qu’il fallait tout faire pour stopper ce fléau.

D’après lui, « la pornographie mène à l’homosexualité. Je suis heureux que, finalement, un projet de loi pour enrayer la pornographie en Ouganda soit prêt à punir les promoteurs de ce vice. Le projet de loi est déjà dans le cabinet de discussion ».

Selon le projet de loi, toute personne reconnue coupable de posséder ou de vendre du matériel pornographique se risque à de lourdes peines, notamment des amendes voire même des peines d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 10 ans.

Le ministre a également annoncé qu’une partie de la nouvelle loi porterait sur les activités liées à Internet. Les propriétaires de fichiers pornographiques Internet seront ainsi passibles de 5 ans d’emprisonnement.

Un projet de loi homophobe qui succède à un autre mort-né en 2009

«Les jours des homosexuels sont révolus. Ce projet de loi qui indique que la pornographie a contribué à la décadence morale et à l’augmentation des crimes est une bonne nouvelle pour tous les Ougandais de bonne morale », a-t-il ajouté.

Le Dr James Nsaba Buturo a également attaqué les homosexuels sur le fait qu’ils ont célébré la défaite aux élections primaires de son parti politique. Il les accuse d’avoir « parrainé (s)es rivaux et même aidé à tricher sur le nombre de voix». «Mais j’ai fait appel auprès de la Commission électorale », a-t-il ajouté.

Mais le militant gay ougandais Frank Mugisha a précisé qu’ils avaient célébré cette défaite uniquement parce que le ministre était ouvertement hostile aux homosexuels.
En octobre 2009, une loi anti-homosexualité avait été déposée au Parlement par le député David Bahati. Le projet de loi demandait la peine de mort contre les personnes reconnues coupables d’homosexualité aggravée avec mineurs et contre ceux qui, étant séropositifs, étaient accusés d’infecter sciemment leurs partenaires.

Le projet de loi, qui exhortait également les parents et les autorités scolaires à dénoncer tout enfant susceptible d’être un futur homosexuel, avait été critiqué par la communauté internationale, y compris le président américain Barack Obama, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la France, le Canada et la Suède, qui avaient alors menacé de couper l’aide financière. Cette menace avait fait plier le président Yoweri Museveni qui avait alors fait retirer cette loi.

L’homosexualité demeure illégale en Ouganda.

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