Tueries du 28 septembre en Guinée : trois ans plus tard, les coupables restent inconnus


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Il y a de cela trois ans, avait lieu la tuerie de plusieurs dizaines de personnes lors d’un rassemblement politique au stade du 28 septembre de Conakry, la capitale guinéenne. Trois ans après ces tueries du 28 septembre 2009, certains responsables présumés sont toujours en poste. Dans les familles, on continue pourtant à attendre que ces derniers répondent de leur actes devant les juridictions compétentes.

Le 28 septembre 2009, des milliers de Guinéens décident de manifester contre la candidature de Moussa Dadis Camara à la présidentielle du 31 janvier 2010. Répondant massivement à l’appel des leaders politiques de l’opposition, ils convergent vers le stade du 28 septembre pour participer à un rassemblement pacifique contre le chef de la junte au pouvoir. Au moins 157 personnes sont tuées, des dizaines de femmes violées, des centaines de blessés et une population totalement traumatisée. Trois ans après ces faits, de nombreuses familles de victimes ne connaissent toujours pas les coupables.

Dans un communiqué rendu public jeudi 27 septembre, l’Organisation non gouvernementale, Human Rights Watch, demande au gouvernement guinéen de renforcer son soutien vis-à-vis de l’enquête menée à l’échelle nationale, afin que les responsables des crimes puissent être traduits en justice sans plus attendre. « En février 2010, un comité national de juges a été nommé pour enquêter sur les crimes du 28 septembre. Le comité a fait d’importants progrès dans le cadre de l’enquête, notamment en interrogeant plus de 200 victimes. Des poursuites ont aussi été engagées contre au moins sept personnes en lien avec les crimes : il s’agit, entre autres, de Moussa Tiégboro Camara, le ministre guinéen actuel en charge de la Lutte contre le trafic de drogue et le crime organisé et, plus récemment, du colonel Abdoulaye Cherif Diaby, qui était ministre de la Santé de Guinée à l’époque des faits », fait savoir ce communiqué. Toujours selon la même source, les efforts du gouvernement s’avèrent insuffisants : « Jusqu’à présent, les juges d’instruction n’ont pas disposé de l’équipement et des ressources nécessaires et n’ont bénéficié que d’une protection limitée », font-ils savoir. Avant de conclure, « De plus, les principaux suspects n’ont pas été démis de leurs fonctions au gouvernement le temps de l’enquête : c’est le cas, par exemple, de Moussa Tiégboro Camara qui occupe une position lui permettant d’intervenir dans les enquêtes criminelles. »

En octobre 2009, le Bureau du Procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a placé la Guinée sous examen préliminaire. Une procédure aujourd’hui bloquée par l’enquête ouverte par les autorités guinéennes qui n’avancent malheureusement pas.

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